Cette interview audio à écouter se penche sur des utilisations sous-optimales de l'énergie électrique. L'électricité n'est propre qu'en fonction de la manière dont elle est produite: renouvelables, carburants fossiles, uranium. Après le premier choc pétrolier, la France a misé sur le nucléaire pour s'affranchir de sa dépendance pétrolière. La majorité du parc immobilier français recourt au chauffage électrique. Or, utiliser de l'électricité pour produire de la chaleur est inefficace en raison de deux éléments: si l'électricité provient d'une centrale thermique ou nucléaire, cela entraîne un cycle de conversion chaleur --> électricité --> chaleur comportant à chaque transformation une perte de rendement. Deuxième élément: lorsque se produisent des pics de consommation d'électricité, pour des raisons techniques, l'excédent de demande électrique est couvert par des centrales thermiques. Ainsi, en hiver, en fin de journée, le chauffage à l'électricité entraîne un dégagement de CO2 trois fois plus important que s'il provenait de chaudières au gaz ou au fuel. Pour cette raison, le chauffage électrique est interdit dans certains pays.
Autre source potentielle de mauvaise utilisation, le développement de la voiture électrique. Comme l'explique Benjamin Dessus, celui-ci ne sera gérable que si la majorité des véhicules sont rechargés la nuit, en période de faible sollicitation du réseau.
Enfin, un participant fait part d'une intéressante réflexion sur les économies d'énergie: à quoi servent les améliorations de rendement énergétique si l'argent ainsi économisé est utilisé pour acheter plus d'appareils électriques, pour consommer plus ? Ceci est la définition de l'effet rebond. Comme le fait remarquer Thomas Guéret, nous ne pourrons échapper à terme à l'adoption d'un mode de vie plus frugal, lequel nécessitera le développement de valeurs plus "qualitatives" que celles qui prévalent aujourd'hui.
Intervenants: Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, Bernard Laponche, polytechnicien, docteur ès sciences et en économie de l'énergie, et Thomas Guéret, ingénieur spécialiste des économies d’énergie
Courte bande son d'une vidéo de site Repère TV. Savoir l'identifier, être conscient qu'elle travestit souvent la réalité, comment la maîtriser, suis-je réellement cette petite voix ? Tels sont les thèmes abordés par Pascal Hastir dans cet enregistrement. Comme l'explique Hubert Mansion dans "La puissance de la pensée", savoir dominer ses pensées est la première étape sur la voie de la sagesse !
Cette émission à écouter traite de deux sujets distincts: l'industrie des déchets dans les villes au 19è siècle et la dissémination généralisée du plastic dans les océans.
Sabine Barles, auteur de "L'invention des déchets urbains : France, 1790-1970", explique comment l'exploitation des déchets des villes - rejets humains, boues de rue, os et chiffons - constituaient une industrie florissante dans le passé, avant que l'exploitation des ressources fossiles et l'essor de la chimie industrielle fasse disparaître l'intérêt de ces activités. Cet aspect de l'histoire économique n'est pas seulement intéressant sur le plan intellectuel, mais il peut fournir des pistes pour l'avenir ...
Sandrine Feydel, réalisatrice du documentaire "Océans de plastique", nous parle d'une problématique peu étudiée jusque récemment: la fragmentation des déchets de plastique qui séjournent par millions de tonnes dans les océans. Le plastique ne se dégrade pas, mais se défait en particules de plus en plus ténues qui se retrouvent intégrées dans le corps même des animalcules qui constituent le plancton et se propagent ensuite dans la chaîne alimentaire.
Comme il ressort de la bande-son de ce débat télévisé du 6 mai 2010, le moment est historique: les évènements qui se précipitent en Grèce et l'urgence de prévenir la contagion dans la zone euro sonnent l'heure de la rigueur pour l'ensemble de l'Europe et pour la France en particulier. La décision du Premier ministre français François Fillion de geler les dépenses de l'Etat et de réaliser 5 milliards d'euros d'économies est minuscule en comparaison des 150 milliards d'euros du déficit public de la France. Elle annonce cependant un tournant dans la politique de déficits pluridécennale de ce pays. Les années qui viennent seront amères, comme le laissent entendre les intervenants de l'émission, Jean-Pierre Gaillard, journaliste économique, Philippe Dessertine, professeur de finance et Dominique Reynié, politologue.
Les pays européens se divisent en deux groupes: les vertueux, Allemagne, Autriche, Hollande, pays nordiques qui, durant les dix ou quinze dernières années, ont consenti à des sacrifices pour équilibrer leurs dépenses et améliorer leur productivité, et les cigales, Grèce, Portugal, Espagne, Italie et France, qui, à des degrés divers, ont vécu au-dessus de leurs moyens. Après les atermoiements, le ton est clairement à la fermeté car il s'agit de choisir entre l'implosion des économies européennes, puis mondiales, et une rigueur qui va passablement changer les habitudes de consommation de cette partie du monde.
L'idée évoquée d'une sortie de la Grèce de la zone euro apparaît vite comme impraticable: elle entraînerait une série de réactions en chaîne d'ampleur incalculable en raison de l'intrication des liens financiers libellés en euro entre la Grèce et les autres pays de l'union monétaire. Elle contribue toutefois à exacerber la spéculation sur la monnaie européenne, tout comme les émeutes en Grèce aggravent la situation de ce pays en plombant sa principale industrie d'exportation, le tourisme.
En conclusion, l'avenir qui se dessine ressemble bel et bien à une forme de décroissance.
Bande son de l'émission de "C dans l'air" du 11 mai 2010. Guillaume Duval, journaliste économique, l'explique: ce que les marchés attaquent dans l'euro, ce n'est pas l'état des finances publiques, mais l'absence de croissance qui rend impossible le comblement des déficits: une politique de rigueur a pour effet de casser la croissance, ce qui entraîne une diminution des rentrées fiscales, et donc un creusement du déficit. Continuer à augmenter la dette n'est par ailleurs plus possible compte tenu du niveau de celle-ci. L'équation semble bel et bien insoluble.
Elie Cohen, économiste, fait remarquer que la rigueur s'annonce alors que les extrêmes en terme de revenu se sont notablement accrus ces dernières années. Pour être acceptée, la rigueur devra être appliquée avec un minimum de justice sociale, ce qui signifie un effort particulier pour les plus privilégiés. Guillaume Roquette, journaliste économique, explique que pour revenir à 3 % de déficit d'ici 2013 en France, il faudra réduire celui-ci de 100 milliards d'euros annuellement, somme à comparer aux 600 millions d'euros que représente le bouclier fiscal ou aux 1.1 milliards d'euros correspondant à un relèvement d'un point de TVA ! Les mesurettes avancées jusqu'alors par le Président de la République sont infimes par rapport aux efforts requis pour revenir aux limites imposées par Maastricht.
Enfin, Guillaume Duval souligne que ce sont les gouvernements de droite qui, dans les pays occidentaux, ont laissé filer le déficit, finançant de cette manière par l'emprunt ce que l'on ne prélevait pas auprès des contribuables aisés ...
Bande-son du débat télévisé en direct "C dans l'air" du 7 mai 2010. Alors que les dirigeants européens sont réunis à Bruxelles pour tenter de secourir l'euro et que les bourses dévissent, Michel Godet, économiste, François Lenglet, rédacteur en chef économie et les journalistes Philip Turle et Agnès-Catherine Poirier débattent en direct de la situation. François Lenglet maintient ce qu'il avait annoncé en 2007 déjà au moment de la crise des subprimes: nous assistons à la deuxième phase de la crise, laquelle nous conduit à une répétition de la crise des années 30. Toutefois, contrairement à cette époque, les gouvernements se parlent, ce qui favorise un règlement par la concertation et écarte de mauvais souvenirs ...
François Lenglet ne fais pas dans la langue de bois: il dénonce l'impéritie financière des cigales européennes. Si tous les pays avaient calqué leur gestion financière sur celle de l'Allemagne, nous n'en serions pas là. Cette crise annonce que c'en est fini de vivre au-dessus de ses moyens en puisant nos ressources dans la poche de nos enfants.
Comme l'explique le même intervenant, grâce à la monnaie commune, qui a joué le rôle d'un Deutsche Mark appliqué à l'ensemble de la zone euro, les pays membres ont pu emprunter aux taux d'intérêt très bas qui étaient ceux de l'Allemagne, doublant sans douleur le montant de leur dette. La crise arrive et fait éclater ce mécanisme.
Une partie de l'émission examine la situation en Grande Bretagne au moment où les dernières élections ont abouti à une instabilité sur le plan politique. L'évolution économique de l'Angleterre se caractérise par un accroissement considérable des inégalités sociales et une quasi disparition de la classe moyenne.
Un des atouts de la France par rapport à la Grèce est la fiabilité de son système fiscal: "en France, les impôts rentrent !", comme le souligne Michel Godet. Ce fait est de nature à rassurer les marchés tentés par la contagion. Au terme de ce débat, la conclusion qui s'impose est que le moment de "siffler la fin de la récréation" pour la France est arrivé. Résultat: nous entrons dans le début d'une nouvelle ère, celle de la rigueur.
La bande son de ce débat à chaud sur la marée noire qui frappe les côtes de la Louisiane nous apporte plusieurs éléments intéressants, alors que cette catastrophe écologique majeure cesse déjà de faire l'actualité. Si l'écoulement du pétrole ne peut être stoppé avant les 3 mois requis par un forage de secours, ce sont 72'000 tonnes de brut qui iront polluer les rivages du Golfe du Mexique. Seront touchées des zones de mangrove qui constituent des écloseries vitales pour toute la chaîne alimentaire océanique. Comme l'explique Yves Paccalet, naturaliste, philosophe et écrivain écologiste, l'exploitation des hydrocarbures offshore en eau profonde fait courir des risques énormes à l'écosystème marin, ce, alors que la part du pétrole extraite du fonds de l'océan passera ces prochaines années de 6 % actuellement à 16 % de la production mondiale.
Jean-Marie Chevalier, économiste spécialisé dans les ressources énergétiques, relève que la prise en compte des risques de pollution et le renforcement des mesures de sécurité va renchérir les coûts d'extraction du pétrole en mer. Notons que le président Obama, qui avait levé l'interdiction de l'exploitation pétrolière offshore dans les zones à risque, vient de faire machine arrière suite à l'explosion de la plateforme Deep Water.
Jean-Marie Chevalier n'exclut pas une éventuelle mise en faillite de la société BP, exploitante de la plateforme, si la catastrophe déploie toute son ampleur. Il faut noter tout de même que BP a réalisé un bénéfice de 16.6 milliards de dollars en 2009 ...