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Le bien commun est sur toutes les lèvres
Source : Alain Ambrosi pour Remixthecommons.org Licence CC : by - nc
" Le texte ci-dessous est le fruit d'un remix des lectures,conférences, conversations et réflexions faites sur le sujet en partant de mon expérience, mon contexte socio-culturel et finalement, mon désir de communiquer et de contribuer à la culture en mouvement des biens communs.
Le bien commun est sur toutes les lèvres
La montée de sève rafraîchissante du mouvement des étudiants ne s'est pas seulement attiré des sympathies à leur cause dans la population, elle a réveillé la capacité d'indignation d'un mouvement social multisectoriel et intergénérationnel qui n'attendait que l'appel de ce « Printemps érable » pour se faire entendre et envahir les rues. Et la vague du « Combat est Avenir » n'a pas fini de faire parler d'elle puisque les manifestations qui s'annoncent débordent largement le champ de l'éducation et les associations, centrales syndicales, mouvements sociaux qui les appellent, oeuvrent dans les domaines aussi divers que l'environnement, les ressources naturelles, le travail, la santé, le logement, l'éducation et la culture. Le signe de ralliement de toutes ces luttes est le bien commun et c'est sous cette bannière qu'est lancée la grande manifestation du 22 avril à l'occasion du jour de la Terre. À cette occasion, les revendications des Québécois seront au diapason d'une indignation globale sur le plan de l'environnement dans la perspective de la rencontre Rio+20 de l'ONU parallèlement à laquelle un Sommet des Peuples tiendra ses assises… sur le thème des biens communs.
Le bien commun est sur toutes les lèvres et c'est tant mieux. Mais encore faudrait-il préciser ce que l'on entend par ce terme qui est devenu rapidement un mot-valise utilisé à bien des sauces et dans tous les discours de la droite Harperienne et du Tea Party comme de la gauche. On le confond souvent avec le 'bien public' ou les services publics, on ne fait pas trop la différence entre un bien commun et un droit fondamental et on parle depuis peu des biens publics globaux, qui sont très évocateurs de la situation de notre planète mais rajoutent sans doute à la confusion.
Ce serait dommage cependant que l'on galvaude ce terme au point d'en épuiser le sens et de l'utiliser sans discernement. Dommage, car si le « bien commun » est devenu un signe de ralliement des mouvements sociaux à travers la planète pour affronter la crise de civilisation(économique, alimentaire, sociale, environnementale) que nous affrontons aujourd'hui, c'est que, bien plus qu'une simple prise de position philosophique, il se présente comme un paradigme socio-économique crédible qui s'oppose aux logiques du marché et de l'État sans pour autant les nier et encore moins les exclure.
Une définition générique du bien commun devrait rendre compte autant du système de valeurs qu'il propose que de la variété des pratiques sociales qu'il représente depuis des millénaires autant que de nos jours dans des domaines aussi variés que l'éducation, l'agriculture, la monnaie, la recherche scientifique, le logiciel libre, la souveraineté alimentaire, la gestion des ressources naturelles.
Définir le bien commun: Dans le cadre de Remix biens communs, un projet d'oeuvre collaborative multimédia sur le thème du bien commun, nous avons demandé à des personnes de différents milieux, de différentes cultures et différents niveaux d'éducation de nous définir en une phrase le bien commun. Les réponses sont en général assez spontanées comme si tout le monde avait l'intuition profonde de ce concept. Elles sont cependant aussi variées que les personnes interrogées.
L'une vous répondra : « le bien commun c'est ce qui appartient à tout le monde » et son voisin pourra vous dire « le bien commun c'est ce qui n'appartient à personne ». Ces personnes ont l'une et l'autre raison et en même temps, elles ont toutes les deux tort. Elles ont raison car si nous prenons l'air que l'on respire par exemple, il appartient à tout le monde et il n'appartient à personne en particulier. Elles ont tous les deux tort parce que, en fait, le bien commun n'a rien à voir avec l'« appartenance », mais bien avec l'usage qui est fait d'une ressource. Pour en avoir l'usage, il est moins question de « propriété » que simplement d'« accès » et si l’on veut que cet usage soit partagé par tous de manière équitable, il faut faire une gestion démocratique et participative de la ressource. Ainsi, l'accès et la participation sont les enjeux centraux des biens communs et il existe de multiples formes d'exclusion ou de clôtures (enclosures) de tous types (physiques, politiques, culturelles, économiques) pour empêcher l'un et l'autre. C'est ce qui fait que beaucoup en arrivent à donner une définition des biens communs par la négative en disant qu'« un bien commun est ce qui est susceptible d'être approprié. ». Les exemples de l'eau, des fonds marins ou des terres arables en sont malheureusement des exemples d'actualité.
Le bien commun met donc en tension intérêt général et intérêts particuliers et peut faire l'objet d'une lutte entre ces deux pôles. Le caractère profondément politique du bien commun est ce que résume en termes philosophiques François Jullien quand il analyse et compare les différents concepts d'universel, d'uniforme et de commun et dit : « le commun est ce à quoi on a part et à quoi on prend part, qui est en partage et à quoi on participe. C'est pourquoi c'est un concept originellement politique : ce qui se partage est ce qui nous fait appartenir à la même cité »
Des définitions du bien commun existent dans les champs de la philosophie autant que du droit, de l'économie et de la science politique. On évoque souvent que du temps des Romains on faisait déjà la différence entre la res communis ou bien commun, le res nullis le bien de personne et la res publica ,le bien public. De nos jours, en économie on différencie les types de biens (privés, communs, publics) en fonction de la rivalité et de l'exclusion. Un bien est dit « non rival » quand l'usage par l'un n'a aucun effet sur la quantité disponible de ce bien et n'empêche donc pas son usage par un autre. L'air que l'on respire est un bien non rival. Un bien est non exclusif quand il est accessible à tous. Biens publics et biens communs s'opposent tous deux au bien privé parce qu'ils sont non exclusifs.En termes économiques, un bien commun s'oppose à un bien public par la rivalité. Mais en termes politiques, c'est le mode gestion qui les différencie : le bien public est pris en charge par l'État alors que le bien commun l'est par la « Communauté ». Encore faut-il s'entendre sur le concept de communauté, ce « nous » qui, pris de manière extensive peut aller du comité de voisins à la population de l'ensemble de la Cité que celle-ci soit une ville, une nation, ou l'humanité tout entière. Certains en arrivent alors à différencier les biens selon qu'ils relèvent d'une logique de marché, d'une logique d'État ou d'une logique sociale ou « de l'humanité » (la « communauté » prise dans son sens le plus large).
À ces définitions techniques qui répondent à des exigences de type juridique ou économique, nous préférons utiliser une définition générique que les dernières réflexions philosophiques, sociologiques et les recherches économiques sur le bien commun nous inspirent:
On parle de « bien commun » chaque fois qu'une communauté de personnes est animée par le même désir de prendre en charge une ressource dont elle hérite ou qu'elle crée et qu'elle s'auto-organise de manière démocratique, conviviale et responsable pour en assurer l'accès, l'usage et la pérennité dans l'intérêt général et le souci du 'bien vivre' ensemble et du bien vivre des générations à venir.
L’eau, l’air, les forêts ainsi que les océans et autres ressources naturelles; une langue, un paysage, un code source informatique, une oeuvre ou un édifice passés dans le domaine public, tous peuvent être traités comme des biens communs et la liste n’est pas exhaustive. Les chercheurs établissent des typologies des Communs qui classent les biens communs selon qu'ils sont naturels ou culturels, matériels ou immatériels. L’eau, l'air, les forêts, les terres cultivables, les océans, etc. sont des biens communs naturels alors que sont culturels la musique, les arts, les savoirs populaires, les savoirs traditionnels, etc. Sont immatériels les biens communs de la connaissance : l’éducation, la science, l’Internet, les contenus des bibliothèques, les droits intellectuels, etc. On classe enfin dans les biens communs globaux la biodiversité, le spectre électromagnétique, le réchauffement global, etc.
Ce qui est important à retenir ici est donc que ce n'est pas seulement la ressource (naturelle ou non) qui constitue le bien commun, mais bien à la fois la ressource, la communauté en action et les règles de gouvernance que celle-ci se donne. Ce sont ces trois éléments indissociablement liés qui constituent le bien commun. On pourrait résumer en disant que le bien commun, avant d'être une chose, est une pratique sociale : c'est un être et agir ensemble pour gérer et assurer la pérennité d'une ressource dans l'intérêt général. On retrouve alors son caractère éminemment politique.
Des pratiques sociales variées: Les « Communs » dans notre civilisation occidentale jusqu'au moyen âge font référence aux ressources naturelles (pâturages, forêts, faune) auxquelles tous les membres d'une communauté avaient également accès et s'entendaient pour en faire un usage partagé et équitable de manière raisonnée. Ces communs faisaient écho à des pratiques millénaires comme celles des populations autochtones d'Amérique latine par exemple pour construire le « sumak kausay » ou en espagnol le « buen vivir », c'est à dire une vie en harmonie avec les hommes et la nature.
De nos jours, les pratiques sociétales de bien communs fourmillent autour de nous sans pour autant le proclamer haut et fort ni même en porter l'étiquette. Certaines de nos sociétés de chasse et pêche, la gestion participative des forêts et le renouveau des pratiques de troc héritent directement des Communs. Relèvent aussi du même paradigme des pratiques plus modernes et récentes d'usage partagé. Le covoiturage, le couchsurfing ou le financement participatif (crowd funding) par exemple, qui deviennent des pratiques quotidiennes et presque « naturelles » pour les jeunes générations, relèvent en un sens du même paradigme. Mais au-delà de ce qui pourrait sembler à certains anecdotique et de peu d'incidence économique, on se rend compte, la crise aidant, que le paradigme des Communs prend une place de plus en plus grande dans le quotidien des gens autant que dans l'espace politique et l'économie globale. La communauté du code ouvert et du logiciel libre en est une des icônes modernes et à sa suite tous les mouvements de « libre accès» (open access) à l'information, aux codes source, aux données publiques, aux données scientifiques, etc. La multiplication et le passage à l'échelle du local au régional des monnaies complémentaires et beaucoup des pratiques d'économie sociale et solidaire entrent aussi dans le paradigme des communs.
Un système de valeurs: Ce qui relie entre elles les multiples pratiques des biens communs est une même lecture critique et une conception du monde qui vise le « bien vivre », c'est-à-dire la convivialité entre humains, l'harmonie avec la nature et le développement durable responsable et équitable. Cette philosophie se fonde sur un système de valeurs qui prône l'inclusion, le partage, la participation, la collaboration de pair à pair, l'intérêt général, le respect et la valorisation de la différence et de l'hybridation. Ce dernier aspect (la différence et l'hybridation des cultures, générations, compétences, etc.) est considéré comme un atout dans la participation, la coopération et la collaboration créative. Dans le même sens que cette ouverture au pluralisme, on note aussi un rejet du dogmatisme. On ne dira pas, par exemple, qu'oeuvrant pour l'intérêt général, le bien commun nie ou exclut les intérêts particuliers. En mettant en tension (plutôt qu'en opposition absolue) l'un et l'autre, on dira plutôt que le bien commun fait primer l'intérêt général sur l'intérêt particulier. De la même façon le bien commun fait primer le collectif sur l'individu, la coopération sur la compétition, l'usage sur la possession, etc. On notera finalement l'importance donnée à l'affect dans les relations qui relèvent du bien commun. Parmi les motivations qui poussent des hommes et des femmes à être et agir ensemble pour un bien commun qui dépasse les intérêts individuels, le désir prime souvent sur le besoin.
Un nouveau paradigme socio-économique: Ces dernières années, on a vu se multiplier les études sur le bien commun et les analyses de leur potentiel en tant que paradigme socio-économique qui coexiste, sans les exclure totalement, avec les paradigmes du marché ou de l'État. Le prix Nobel d'économie accordé à Elinor Ostrom en 2009 pour son oeuvre sur la gouvernance des Communs marque toutefois un tournant et a relancé les recherches. S'inspirant des pratiques de la communauté de l'open source, on parle maintenant d'économie de la contribution ou d'économie de contribution créative alors que d'autres en insistant plus sur l'usage et les pratiques de partage évoquent une économie de la fonctionnalité. Mais, là encore, ce qui impressionne réside surtout dans la multiplication exponentielle de pratiques et d'applications nouvelles de cocréation collaborative dans des processus d'innovation sociale ouverte et ascendante utilisant les nouvelles technologies d'information (TIC) dans des domaines aussi variés que l'agriculture et l'alimentation, les productions culturelles, la recherche scientifique, les monnaies complémentaires, la construction d'objets manufacturés. Le terreau indispensable à ce déploiement est une culture numérique inclusive et participative répondant en tous points aux valeurs des communs et que certains aimeraient complètement libre. De nouveaux lieux d'innovation ouverte apparaissent tels les living labs , les médialabs ou les fablabs qui favorisent l'émergence de nouvelles formes de participation citoyenne valorisant la compétence et la capacité de création des individus, l'expertise citoyenne, l'intelligence collective citoyenne, les savoirs populaires.
Un mouvement mondial qui s'institutionnalise: Dans la recherche de solutions à la crise de civilisation mise en évidence par la crise financière et économique de 2008, on assiste dans les dernières années à une multiplication d'événements, de conférences, manifestes et autres prises de position politiques qui s'inscrivent dans le nouveau paradigme des Communs. Fondé, on l'a vu, sur des années de recherche, mais aussi, et surtout, sur des pratiques sociétales de cocréation ouverte dont l'exemple iconique est le logiciel libre, c'est un véritable mouvement mondial des Communs qui semble aujourd'hui trouver sa place et proposer des solutions alternatives. Les appels répétés à une coalition des communs ont suscité des rencontres multi-acteurs entre les tenants des biens communs informationnels (logiciel libre, données ouvertes, etc.), des biens communs naturels (eau, terre, etc. ) et des biens publics sociaux (santé, logement, éducation, etc.). Des rencontres entre activistes locaux et entrepreneurs, entre scientifiques et mouvements sociaux, deviennent maintenant régulières. Des manifestes internationaux pour la récupération des biens communs font leur apparition. Des initiatives de création d'universités des Communs émergent dans différents pays d'Europe et d'Amérique du Nord. Les mouvements sociaux qui participent au Forum Social Mondial, les premiers Forums Mondiaux Sciences et Démocratie, les Sommets internationaux d'économie sociale et solidaire mettent le bien commun à l'ordre du jour. Les indignés Européens et le mouvement Occupy en Amérique du Nord ont organisé des forums publics sur le thème des Communs avec des experts de renommée internationale.
Mais le plus remarquable de cette institutionnalisation des Communs se traduit dans son inscription au plan juridicolégal et au plus haut niveau des juridictions de certains pays et organismes internationaux. Les licences Creative Commons permettent aux auteurs et créateurs individuels ou institutionnels de mettre à la disposition du public leurs oeuvres ou travaux selon des règles qui permettent leurs utilisation, reproduction ou diffusion tout en gardant leur droit d'auteur. La série de licences codifiées en Creative Commons permet au créateur de choisir lui-même les conditions et limites de réutilisation.Creative Commons, qui est une alternative aux copyrights traditionnels fêtera cette année sa dixième année d'existence et vient de lancer sa version 4.0 qui est mise en discussion ouverte au public. Il est reconnu dans un nombre toujours croissant de juridictions nationales (70) et tout récemment la Banque Mondiale vient d'en adopter le principe et les licences. En 2011 on comptait 500 millions d'oeuvres sur le web qui utilisaient l'une ou l'autre des licences de CC.
Le passage à l'échelle des pratiques et juridictions de communs est plus spectaculaire encore quand des municipalités, états et organismes internationaux adoptent et promeuvent le principe. Certains pays inscrivent le bien Commun dans leur constitution, c'est le cas de l'Équateur (buen vivir) et la Bolivie (les droits de la Nature). Ils ont imité en cela par des municipalités de différents pays, dont la ville de Naples en Italie qui en est un exemple phare. L’assemblée générale de l'ONU a reconnu le droit fondamental à l'eau et met à l'étude les Droits de la Nature. Au mois de juin de cette année, Rio+20, la conférence des Nations Unies qui marque le 20e anniversaire du premier Sommet de la Terre dans cette même ville de Rio de Janeiro, devra tenir compte de ce mouvement des biens communs. Le « Sommet des Peuples pour la justice sociale et environnementale pour la défense des biens communs » qui est organisé parallèlement par la société civile sera là pour le lui rappeler.
En guise de conclusion provisoire: retour sur l'éducation et la grève étudiante québécoise. On peut se demander où se situe le bien commun dans le champ de l'éducation? Est-ce la connaissance, comme telle, cette somme des savoirs traditionnels, scientifiques, populaires, citoyens qui est un bien commun? Ou s’agit-il de la transmission de cette connaissance ? Ou bien est-ce les deux?
Au plan international tout comme dans les législations des pays démocratiques, l'éducation est reconnue comme un droit fondamental et généralement considérée comme un bien public. C'est parce que la connaissance est un bien commun qu'on veut préserver, enrichir et transmettre aux générations futures que l'on en a fait un bien public. Pour ce faire, on a délégué la gestion de ce bien commun à l'État qui oeuvre pour l'intérêt général et crée les conditions juridicolégales et économique pour un accès universel, une participation active à la gestion et la qualité de l'enseignement. Et cette « délégation », qui est le résultat de rapports et de luttes sociales, n'a pu se faire que dans le cadre d'un système démocratique où les représentants élus par le peuple souverain sont redevables de leurs faits et gestes devant la population. Au Québec, c'est une vraie révolution même si elle est dite tranquille qui a été nécessaire. Les résultats du rapport Parent sont une des briques majeures de cette révolution qui a consacré l'éducation comme un droit fondamental et universel et en a fait un bien public accessible à tous. Les revendications étudiantes de ce printemps 2012 remettent en question la bonne gestion du gouvernement actuel de l'éducation comme bien public. En mettant l'accessibilité en tête de leurs revendications, ils ne visent pas seulement le gel des frais de scolarité, mais bien une participation active et une révision de la gestion des universités dans son ensemble. Leur capacité d'initiative dans l'espace public et leur capacité d'interlocution dans l'espace politique font preuve d'une admirable maturité et d'une grande créativité. Les propositions qu'ils avancent sont basées sur une analyse critique et autonome de la situation des universités et du système d'éducation qui la replace dans la perspective plus large des biens communs. Le gouvernement libéral de monsieur Charest, englué qu'il est dans sa logique néo-libérale et dont les enveloppes brunes de la corruption ne sont que la pointe de l'iceberg de la collusion avec le secteur privé pour la gestion des biens communs et des services publics, ne peut accepter de s'asseoir à la même table que ces étudiants. Il ne parle pas le même langage et il a sans doute peur que, mises en débat public, les solutions alternatives proposées, qui rallient déjà une bonne partie de la classe politique et intellectuelle, deviennent évidentes pour ceux et celles qui ne sont pas encore convaincus de leur justesse. "
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Clip Décroissance-elections pour les législatives 2012
Source : decroissance-elections.fr
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La croissance ne reviendra jamais dans les pays “riches”
Source : MediaPart
Plus de vingt mille personnes ont défilé samedi à Francfort, à l'appel du collectif Blockupy Frankfurt, pour dénoncer les dérives des politiques d'austérité menées en Europe, en particulier sous l'impulsion de la Banque centrale européenne (BCE). C'est le point d'orgue d'une série de mobilisations enclenchées depuis mercredi, qui visent à gêner l'activité des banques au quotidien, dans la capitale financière de l'Allemagne (voir des diaporamas sur le site du Franckfurter Rundschau).
Le climat est particulièrement tendu depuis que la police a interpellé, vendredi, plus de 400 personnes dans la ville. En réaction, les Anonymous ont temporairement bloqué le site de la mairie de Francfort. Les autorités avaient décidé d'interdire les rassemblements de jeudi et vendredi, mais ont autorisé le défilé de samedi.
Dans la ligne de mire des activistes venus de toute l'Europe : les effets chaotiques de la politique menée en Grèce par la « Troïka » (le Fonds monétaire internationale, la Commission européenne et la BCE), l'absence de contrôle démocratique sur une institution aussi puissante que la BCE, ou encore le « pacte budgétaire », ce traité européen en chantier, qui devrait renforcer la discipline budgétaire au sein de la majorité des États membres de l'Union.
Ces actions interviennent à quelques jours d'un sommet européen informel, mercredi soir à Bruxelles, consacré au retour de la croissance sur le continent. Cette réunion doit préparer le terrain à l'adoption d'un « pacte de croissance », complément d'un « pacte de rigueur budgétaire ». Depuis l'élection de François Hollande, le 6 mai, tout le monde, désormais, parle de croissance.
Mais si le candidat socialiste a remporté une première victoire, celle de l'agenda politique, il est encore loin d'avoir gagné sur le fond. Car personne, en fait, ne donne le même contenu à ce mot valise de « croissance ». Preuve du flou ambiant, la Commission européenne défend toujours les trois mêmes piliers, pour sortir le continent de la crise : discipline budgétaire, investissements ciblés dans des secteurs à forte croissance, et réformes structurelles. Mais ces directions sont-elles compatibles, d'un point de vue économique ? Peut-on allier austérité et croissance ?
À partir d'aujourd'hui, et durant les jours à venir, Mediapart donne la parole à une série d'économistes hétérodoxes, pour ne pas enfermer le débat sur l'austérité et la croissance dans son carcan bruxellois. Le premier à répondre à nos questions est l'universitaire Jean Gadrey. Membre du conseil scientifique d'Attac, et spécialiste des indicateurs de richesse, il déconstruit les discours des dirigeants européens sur la relance de l'économie.
La stratégie de «croissance marchande privée» ne marchera pas
Que vous inspire cette soudaine fascination pour la croissance ? Angela Merkel, François Hollande ou José Manuel Barroso, le patron de la Commission européenne, proposent tous, avec des différences de degrés, de combiner austérité et croissance. Est-ce possible ?
Jean Gadrey. Une partie des dirigeants et des acteurs économiques dominants, qui pensaient qu’une bonne cure d’austérité, via une forte réduction des dépenses publiques, permettrait de retrouver, un peu plus tard, une belle croissance, s’aperçoit que l’inverse va se produire de façon durable et que la récession qui est déjà plus ou moins là en Europe va encore s’aggraver et se mondialiser. D’où les appels à des mesures plus favorables à la croissance marchande privée, mais dans l’austérité pour les finances publiques et surtout pour les dépenses sociales.
Comment voient-ils les choses ? En Allemagne, certains évoquent prudemment une petite hausse des salaires, mais en fait, la stratégie reste d’abord fondée sur deux volets. Un, la compétitivité, à la fois en tentant de relancer des investissements privés actuellement en berne et par des « réformes structurelles », essentiellement en matière de casse du droit du travail, de mise à mort des CDI, sur le modèle allemand des lois Hartz qui ont fait exploser le nombre des mini-jobs de travailleurs pauvres en même temps que le nombre total de pauvres. Et deux, le « moins d’État social », toujours considéré comme une charge qui freine la croissance, alourdit les coûts du travail et produit un assistanat généralisé.
Avec les lois Hartz et les mesures qui ont suivi, le montant de l’équivalent allemand du RSA est passé 448 euros mensuels à 345, et rien qu’entre le 2e trimestre 2008 et le 4e trimestre 2011, la progression du nombre de mini-jobs (emplois exemptés de toute cotisation sociale, dès lors que le revenu d’activité est inférieur à 400 euros mensuels) a été de 800 000. Le taux de pauvreté monétaire en Allemagne est passé (pour les personnes en âge de travailler) de 12,2 % en 2005 à 15,6 % en 2010 (source).
Angela Merkel a fini par admettre que l’on puisse financer des investissements européens d’énergie et de transport, mais elle refuse que cela passe par des fonds publics, à l’exception des 80 milliards d’euros soi-disant inemployés des « fonds structurels » européens. Et elle ne voit le tout que dans le cadre de la privatisation des entreprises d’énergie et de transports: c’est ce qu'il se pratique en Grèce.
Cette stratégie de croissance privée dans l’austérité publique ne marchera pas, et même la croissance, qui n’est pas un objectif en soi, ne sera pas au rendez-vous. Une telle crise exige plus d’interventions et de ressources publiques, plus d’imposition des plus riches et des grandes entreprises, plus de sélectivité des dépenses et des investissements, et surtout une reprise en main de la finance, non pas pour « faire de la croissance » de n’importe quoi, mais selon des critères d'un développement humain et social soutenable.
François Hollande tient-il un discours vraiment différent ? Après tout, lui aussi s'est engagé à respecter les objectifs budgétaires extrêmement serrés, en même temps qu'il promet la croissance...
C'est peut-être un peu tôt pour le dire. La question est ouverte. Les discours, dans son entourage, restent ambigus. Cela dépendra donc de l'évolution de ses conseillers, mais aussi de ce qui pourra émerger des mouvements sociaux et de la société civile dans les semaines à venir.
« La croissance ne reviendra jamais dans les pays “riches” »
Le débat qui vient de s'ouvrir sur la croissance, ouvre-t-il une fenêtre d'opportunité pour imposer, enfin, les travaux des économistes sur le bien-être et sur des mesures alternatives au Produit intérieur brut (PIB) ?
La gravité de la crise est à la fois une chance et un frein. C’est une chance car la prise de conscience des dégâts du « libéral-croissancisme » et du culte du PIB comme indicateur de progrès est plus vive. C’est un frein car le réflexe politique et médiatique dominant en situation de récession rampante ou avérée reste : « Faisons vite du PIB et de la croissance ! » J’ignore quelle tendance l’emportera, bien qu’à titre personnel, je pense que la gravité de la crise exige plus que jamais la relativisation du PIB et de la croissance et le recours prioritaire à des indicateurs écologiques et sociaux choisis démocratiquement.
Il est de plus en plus permis de penser que, pour des raisons multiples tenant d’abord à la finitude des ressources naturelles, à de multiples « pics » de ressources du sous-sol (on parle non plus seulement du « peak oil », le pic du pétrole, mais du « peak all », le pic de tout), aux exigences de la lutte contre le réchauffement climatique, la croissance ne reviendra pas dans les pays “riches”. Jamais. Ou alors une croissance faible, incertaine, plus proche en moyenne de zéro que des 2 à 3 % que presque tous les dirigeants continuent à juger nécessaires.
C’est d’ailleurs très clairement la tendance historique depuis 50 ans (voir graphique ci-dessous). N’est-il pas temps de penser autrement le progrès et l’émancipation ? Le bien-être et la justice ne sont plus depuis longtemps des questions liées à la croissance quantitative.
Mario Monti, le chef du gouvernement italien, a proposé que l'on exclue du calcul du déficit public, pendant trois ans, les investissements « stratégiques » dans l'internet haut débit ou encore dans l'informatisation des administrations publiques. Qu'en pensez-vous ?
C’est pour l’essentiel une astuce comptable qui revient, quand un thermomètre corporel donne une température trop élevée, à en prendre un autre qui donne un ou deux degrés de moins. Cela ne guérit personne. Mario Monti, comme ancien de Goldman Sachs, a peut-être une expérience du trucage des chiffres des dettes publiques, vu ce que cette firme a pratiqué en Grèce…
D’abord, qu’est-ce que l’investissement (brut) public ? Dans les comptes de la Nation, c’est la « formation brute de capital fixe » (FBCF). En 2011, la FBCF des administrations publiques françaises s'est établie à 61,4 milliards d’euros, soit 3,07 % d’un PIB de 2 000 milliards d’euros. Le déficit public au sens de Maastricht a été de 103 milliards, soit 5,2 % du PIB. Si on décidait d’enlever toute la FBCF du déficit, ce dernier ne compterait que pour 2,1 % du PIB et, en apparence, on serait dans les clous, en tout cas ceux de Maastricht.
Artifice comptable
Enlever du déficit public la totalité de la FBCF des administrations n’est évidemment pas ce que propose la fraction des néolibéraux préoccupée par le risque d’une récession devenant grande dépression! Ils nous parlent d’« investissements publics stratégiques ». Cela peut se résumer ainsi : après avoir déversé massivement et sans grand succès – parce que sans exigences de contreparties – des liquidités sur des banques, il est temps d’en déverser – toujours sans contreparties – sur les grandes entreprises, sur nos “champions” nationaux et européens, au nom de leur sacro-sainte compétitivité.
Les Mario Monti, Mario Dragui (président de la Banque centrale européenne – ndlr), Angela Merkel et autre José Manuel Barroso pourraient ainsi privilégier d’une part les grandes firmes de haute technologie, d’autre part les grandes infrastructures bétonnées, et enfin les partenariats public-privé, qui sont une bonne méthode pour socialiser les pertes à long terme et privatiser les profits à court et moyen terme. Ils y ajouteront une pincée d’investissements dans les énergies renouvelables et les transports, mais seulement en direction de leurs “champions” industriels, pas vers les innombrables initiatives locales, coopératives, à taille humaine.
Pourquoi est-ce un artifice comptable qui ne trompera personne ? Parce que, même si certaines dépenses d’investissement sont exclues des « dépenses publiques au sens de Monti », elles reposeront largement sur des emprunts publics. Et si ces emprunts sont effectués auprès des marchés, la vraie dette, celle qu’il faut rembourser, intérêts compris, ne sera pas changée pour autant. De sorte que les marchés, qui sont certes moutonniers et peu prévisibles mais pas fous, spéculeront tout autant qu’avant. On aura alors plus d’aides publiques au secteur privé, mais pas moins de vraie dette et de vraie spéculation !
Tant que les marchés financiers, c’est-à-dire les gros spéculateurs du monde, sont les prêteurs, libres de déterminer les taux d’intérêt, l’astuce comptable de Mario Monti nous maintient dans la crise.
Les choses seraient bien différentes si une politique ambitieuse d’investissements écologiques et sociaux européens était financée à taux très bas par la banque centrale ou par une banque publique d’investissement empruntant elle-même à taux très bas, en dehors du marché financier et de la spéculation. Il s’agirait d’une « réforme structurelle »… de la finance, pas d’une astuce comptable. Mais si on retient cette voie, ce qui est souhaitable, alors il est une dépense d’avenir qu’il faudrait d’urgence faire financer directement par la BCE : l’excès de dette des pays les plus en difficulté. C’est même aujourd’hui ce qui bouche le plus l’horizon.
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Monnaie locale, activité politique locale
Source : Michel Lepesant pour La Baleine
Encore du sang neuf pour le cerveau !
Monnaie locale, activité politique locale
Une monnaie locale complémentaire (MLC) se situe à la croisée de deux problèmes politiques globaux : celui de la monnaie et celui des « alternatives ». Mais ce sont de « bons problèmes » et une MLC est une bonne façon pour les poser et les affronter : localement.
Monnaie- Une MLC n’est pour les citoyens qu’un moyen (économique) pour se réapproprier l’usage politique de la monnaie. Plutôt que de « faire contre » (résister, désobéir, s’indigner, certes, mais après ?), il s’agit plutôt de « faire avec » et de « faire pour ». Mixte d’expérimentation et d’espérance, une MLC est une « espérimentation » sociale et écologique qui ne s’enferme pas dans les réseaux de militants mais tisse de nouveaux liens entre utilisateurs, prestataires (commerçants, artisans, producteurs, associations) et institutions territoriales (qui n’ont aucune habitude de ces pratiques bottom-up), comment ? En explorant tout ce périmètre économique possible que permet le doublement de la richesse (puisque l’euro converti en MLC reste et s’ajoute à l’unité monétaire locale créée) : une autre consommation (puisqu’une MLC est « affectée »), une autre production (en utilisant partie du fonds de réserve à des fins d’investissements solidaires), une autre redistribution (en reliant des besoins insatisfaits avec des ressources inutilisées, par des partenariats originaux avec les institutions de l’ESS). Locale – Il est fondamental qu’une MLC qui ne s’échange pas n’importe comment, ni pour n’importe quoi, ne s’échange pas non plus n’importe où. Si les miles ou les tickets-restaurant sont déjà des MC non locales, quels sont alors les intérêts politiques d’une MC « locale » ? 1/ La relocalisation des échanges économiques, par un « effet de protection », permet de rapprocher les activités de production, de transformation et de consommation. 2/ Par un « effet de label » (puisqu’une convention « éthique » encadre les échanges), tant les utilisateurs que les prestataires peuvent modifier leurs « modes d’échanges » : lenteur, anticipation, choix… 3/ Ecologiquement, une MLC est une « solution locale à une crise globale » (raccourcissement des trajets, critères « écologiques » inclus dans les conventions). 4/ La réappropriation citoyenne de la monnaie et de ses usages passe par une interrogation sur ce qu’est une « cité » pour ses citoyens. C’est pourquoi, sur le projet de la Mesure, pour tenir à la fois la dimension écologique et la dimension volontariste, nous préférons parler de « bassin de vie » ou d’« éco-territoire ». Complémentaire – Dans quelle mesure une MLC vient-elle « compléter » l’euro ? Entre deux écueils – la carte de fidélité « commerciale » et le « monopoly éthique pour bobos écolos » – une MLC commence par être une monnaie « subsidiaire » : dans le périmètre « labellisé » de la MLC, un coupon d’échange prend la place de l’euro pour des échanges entre « associés », tous membres de l’association porteuse. Cette subsidiarité permet au projet non seulement d’exister sans attendre mais aussi de s’articuler à toute une série d’autres projets eux aussi « subsidiaires » : en matière de « consommation », les SELs, les Accorderies, les groupes de gratuités… et en matière d’« épargne », les CIGALES, la Nef… Faut-il s’empêcher de penser qu’un jour une monnaie locale puisse devenir stricto sensu une monnaie « alternative » (qui n’aurait alors plus aucun rapport avec l’euro) ? Ce qui suppose qu’ait été atteinte localement une « taille critique » (autant en prestataires qu’en utilisateurs), que tous les biens et services « de base » (?) puissent ainsi être satisfaits.
Parce qu’elle est « locale », une MLC est donc une activité politique doublement innovante : 1/ elle se place en position d’instituant(non par rejet de l’institué mais par critique permanente de l’institution et conscience continue des avantages et des dangers de l’institutionnalisation), ce qui entraîne des potentiels de réappropriation tant dans le rapport à la loi que dans celui aux institutions. 2/ En tant que projet de transition, c’est une démarche ascendante et citoyenne.
Michel Lepesant, militant-chercheur (du Mouvement des Objecteurs de Croissance), co-fondateur de la Mesure, MLC du bassin de vie Romans/Bourg de Péage (26).
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Revenu Maximum Autorisé 2
Source : Michel Lepesant dans La Baleine
(Re-)faire société : pour un espace écologique des revenus
Le concept d’« espace écologique » nous semble d’une grande fécondité tant théorique que politique et nous faisons l’hypothèse qu’il trouve naturellement à se transposer à un « espace des revenus », défini par un plancher et un plafond, encadré donc par un revenu inconditionnel (RI) et un revenu maximum acceptable (RMA). Il ne faut pas (se) cacher que, dans la littérature sur le revenu inconditionnel, une telle articulation entre RI et RMA semble plus arbitraire que naturelle. Seuls Baptiste Mylondo et Paul Ariès soulignent que l’instauration d’un RI, financé principalement par les contribuables les plus aisés entraînerait mathématiquement une réduction des écarts de revenus et favoriserait l’égalité des chances en réduisant les inégalités de départ[1]. Pire, RI et RMA peuvent même sembler incompatibles. Dans la version « libérale » du RI, une fois garanti un minimum de ressources, rien ne semble pouvoir justifier un plafonnement des revenus. Et symétriquement, dans la version « travailliste » d’un salaire maximum, n’est jamais automatiquement défendue la possibilité d’un revenu déconnecté du travail. Seuls donc les décroissants semblent aujourd’hui favorables à cette double revendication ; c’est alors d’abord à eux de répondre à la critique la plus forte adressée à un tel « espace écologique des revenus » : au nom de quoi, une fois un plancher des revenus garanti inconditionnellement (par un maximin), serait-il juste de plafonner les revenus (par un minimax) ? Pour un revenu inconditionnel Dotation, rente, allocation, dividende, revenu, salaire… Suivi des plus divers qualificatifs : universel, basique, garanti, social, territorial, suffisant, citoyen, inconditionnel… Et comme si ce n’était pas assez, s’y rajoute souvent un complément : existence, vie, citoyenneté, autonomie. Pourquoi choisir « revenu inconditionnel » ? Commençons par éliminer le complément, façon de signifier que chacun restera libre d’utiliser son revenu inconditionnel comme bon lui semblera. Pour le qualificatif, insistons sur la double inconditionnalité : de la naissance à la mort, sans aucune contrepartie. Reste la substance même de cette « belle revendication » : un « revenu » est ce qui revient. Le RI signifie donc que, dans une communauté politique, ce que chaque membre apporte, quelle qu’elle soit la forme de son « utilité sociale », doit lui « revenir inconditionnellement ». Pourquoi un tel RI est-il souhaitable ? 1/ Parce qu’il rompt avec la centralité du travail, poumon d’une société de croissance. Le RI est un bon moyen d’atteindre un objectif clair : « garantir le revenu » pour « abolir le culte du travail ». Certes, d’un côté, c’est toujours avec satisfaction que nous entendons la première objection jaillir quand nous exposons cette revendication d’un revenu déconnecté de tout travail : « mais alors, plus personne ne voudra travailler ! ». Comment mieux reconnaître que le critère déterminant pour identifier le travail est la pénibilité ? D’un autre côté, toutes les expérimentations de RI tendent à montrer que, même avec la garantie d’un revenu décent, les bénéficiaires continuent de travailler. Autrement dit, le RI serait une mesure nécessaire pour désinciter du travail, mais insuffisante. 2/ C’est deuxièmement la critique de la course à l’illimitation (toujours moins pour certains, toujours plus pour d’autres), moteur de la croissance : c’est là qu’il ne faut pas envisager l’instauration d’un RI sans celle d’un revenu maximum acceptable (RMA). Tant pour poser la « question sociale » de la misère et des inégalités que la « question écologique » de la soutenabilité, comment une société sans limites pourrait-elle être une société juste, responsable et décente ? Pour un revenu maximum acceptable Voilà déjà une mesure politique qui ne poserait aucun problème de financement ; sa mise en place supposerait juste une refonte radicale de la fiscalité : et pourquoi pas ? Sans oublier d’apprendre, à tous ceux qui nous expliqueraient doctement qu’un tel RMA ferait fuir les plus riches, que ces « trop riches » ne rapportent rien à la société, au contraire[2]. Quand 1 euro du salaire d’un agent de nettoyage hospitalier produit plus de 10 euros de valeur sociale, pour le même euro gagné par un publicitaire, ce sont 11,50 euros qui sont détruits. Et pour un conseiller fiscal, le rendement monétaire atteint les – 47 ! Qu’ils dégagent ! Pourquoi un RMA est-il souhaitable ? Parce que son objectif est de (re-)faire société ; en particulier en créant les conditions psychologiques favorables à l’instauration d’un RI. Comment espérer rendre audible le moindre appel à la sobriété, au « bien-vivre », au vivre en commun, tant que les inégalités sociales fourniront directement le contexte social et économique de situations dans lesquelles sont préférés et favorisés l’envie, la rivalité, l’individualisme, l’affrontement, le chacun-pour-soi, le laisser-faire, le mépris plutôt quela bienveillance, la coopération, la solidarité, la discussion, le partage, la démocratie générale, la décence ? Comment espérer que le RI devienne une revendication mobilisatrice, et pas seulement motivante, tant que les inégalités seront telles que les conditions psychologiques ne plaideront qu’en faveur d’une situation immobilisée quant à la « question sociale » : l’instauration d’un RMA est le « contexte du RI ». Pourquoi enfin un RI et un RMA seraient-ils des revendications non seulement souhaitables mais aussi justes ? Parce que la société, qu’il s’agit politiquement de (re-)faire, ne serait pas/plus une société définie par la seule juxtaposition d’individus (qui peuvent se comporter comme s’ils ignoraient qu’ils vivent en société[3]), mais une société définie comme un « bien commun »[4] ; non pas naturel comme l’eau ou la biodiversité mais éminemment culturel et anthropologique. Un bien fragile qu’il s’agit de produire sans cesse, de protéger, de conserver.
Voilà pour quelles raisons il semble enthousiasmant de lier ces « belles revendications », du RI et du RMA : ce sont les conditions nécessaires d’une décroissance des inégalités, au cœur d’une société redevenue « commune », d’une société définie comme « bien commun », comme « espace écologique des communs », encadré par les revenus inconditionnel et maximum.
Michel Lepesant, militant-chercheur (du Mouvement des Objecteurs de Croissance). [1]Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous, Editions Utopia (2010) ; Ne pas perdre sa vie à la gagner, Editions du Croquant (2010). [2]Eilis Lawlor, Helen Kersley et Susan Steed, « A bit rich. Calculating the real value to society of different professions », New Economic Foundation, Londres, 2009 ; www.neweconomics.org. [3]« L’individu contemporain aurait en propre d’être le premier individu à vivre en ignorant qu’il vit en société », Marcel Gauchet, La démocratie contre elle-même, Tel, Paris (2002), p.254. [4]François Flahaut, Où est passé le bien commun, Mille et une nuits (2011).
Le même en version longue dans les Z'Indignés :
Revenu inconditionnel et revenu maximum acceptable : pour un espace écologique des revenus
En raison d’une vision plutôt buissonnante de l’histoire (et plus du tout linéaire) les objecteurs de croissance (OC) font de la politique en s’engageant dans des expérimentations sociales et écologiques minoritaires (en cela, ils héritent du socialisme utopique). Ne croyant plus qu’une prise préalable des pouvoirs institutionnels permettrait de changer le monde, les objecteurs de croyance manifestent leur visibilité plus dans un travail idéologique de projet que dans l’élaboration d’un programme. Cela ne les empêche pas néanmoins de commencer à envisager quelques mesures concrètes, des propositions programmatiques, de « belles revendications » : parmi celles-ci, l’instauration d’un revenu inconditionnel, mais aussi une réduction drastique du temps de travail, la décision immédiate d’arrêt le plus rapide possible des nucléaires, des régies territoriales de l’énergie, de l’eau, du logement, de la santé et du foncier pour protéger/établir les gratuités. Décroissance, n.f . : transition d’une société de croissance à une société d’a-croissance dans laquelle l’humanité retrouverait la capacité porteuse de son écosystème naturel, transition vers une société socialement juste, écologiquement responsable, humainement décente, politiquement démocratique. A condition que cette « transition » soit « volontaire », elle est la « décroissance ». Si la décroissance veut prôner une soutenabilité autant écologique que sociale de cette transition, alors elle doit s’assurer que la décroissance ne s’opère pas au détriment des plus appauvris (auquel cas, elle ne serait que « récession »). L’instauration d’un revenu décent pour tous semble une condition nécessaire à l’avènement d’une décroissance des inégalités. Pour un revenu inconditionnel Dotation, rente, allocation, dividende, revenu, salaire… Suivi des plus divers qualificatifs : universel, basique, garanti, social, territorial, suffisant, citoyen, inconditionnel… Et comme si ce n’était pas assez, s’y rajoute souvent un complément : existence, vie, citoyenneté, autonomie. Pourquoi adopter « revenu inconditionnel » ? Commençons par éliminer le complément, façon de signifier que chacun restera libre d’utiliser son revenu inconditionnel comme bon lui semblera. Pour le qualificatif, insistons sur la double inconditionnalité : de la naissance à la mort, sans aucune contrepartie. Ajoutons deux raisons pour préférer « inconditionnel » à « universel » ; 1/ l’universel peut être conditionnel : ainsi le vote à partir d’un certain âge ; 2/ L’inconditionnel n’est pas toujours universel : le montant du RI devra varier pour tenir compte de l’inégalité du monde. Reste la substance même de cette « belle revendication » : un « revenu » est ce qui revient. Le RI signifie donc que, dans une communauté politique, ce que chaque membre apporte, quelle qu’elle soit la forme de son « utilité sociale », doit lui « revenir inconditionnellement ».
En quoi alors le revenu inconditionnel (RI) est-il un fil d’Ariane pour rentrer dans le labyrinthe de la transition ? Qu’est-ce qui, dans le RI, intéresse particulièrement les décroissants ? C’est premièrement la rupture avec une centralité du travail, poumon d’une société de croissance. Le RI est un bon moyen d’atteindre un objectif clair : « garantir le revenu » pour « abolir le culte du travail »[1].. Bien sûr, ce moyen présente quelque risque : celui de ne pas assez « désinciter » du travail. Certes, d’un côté, c’est toujours avec satisfaction que nous entendons la première objection jaillir quand nous exposons cette revendication d’un revenu déconnecté de tout travail : « Mais alors, plus personne ne voudra travailler ! ». Comment mieux reconnaître que le critère déterminant pour identifier le travail est la pénibilité. D’un autre côté, toutes les expérimentations de RI tendent à montrer que, même avec la garantie d’un revenu décent, les bénéficiaires continuent de travailler. Autrement dit, le RI serait une mesure nécessaire pour désinciter du travail, mais insuffisante. C’est deuxièmement la critique de la monnaie, moyen d’échange généralisé d’une économie de croissance. C’est pourquoi les décroissants incluent dans le RI non seulement une part versée en monnaie « officielle » mais aussi une part de « gratuités » et une part versée en monnaie locale complémentaire (MLC) : ce qu’ils appellent la dotation inconditionnelle d’autonomie (DIA). L’intérêt d’une part en MLC est triple : relocalisation, possibilité d’une « fonte » (aucun encouragement à la spéculation) et « affectation » (certains biens, certains services chez certains prestataires liés éthiquement par une « convention »). C’est troisièmement la critique de la course à l’illimitation (toujours moins pour certains, toujours plus pour d’autres), moteur de la croissance : c’est là qu’il ne faut pas envisager l’instauration d’un RI sans celle d’un revenu maximum acceptable (RMA). Tant pour poser la « question sociale » de la misère et des inégalités que la « question écologique » de la soutenabilité, comment une société sans limites pourrait-elle être une société juste, responsable et décente ? Pour un revenu maximum acceptable Mais alors comment articuler le revenu inconditionnel (RI) avec un revenu maximum acceptable (RMA) ? Comment envisager un « espace écologique »[2]des revenus, défini par un plancher (le RI) et un plafond (le RMA) : pour le RMA, quel financement, quel objectif, quel fondement, quel montant, quelle faisabilité? A la différence du RI, le financement ne devrait pas soulever de problème. Le RMA est une revendication non seulement qui ne coûte rien mais en plus qui fournirait une partie du financement du RI. Certes, sa mise en place supposerait une refonte radicale de la fiscalité : et pourquoi pas ? Ne manquerait pas dans ce cas d’apparaître l’objection de la « fuite des riches ». Mais que vaut cet argument si on pose vraiment la question de l’utilité sociale des riches : quelle est la valeur réelle des métiers ? A tous ceux qui nous expliqueraient doctement qu’un tel RMA ferait fuir les plus hauts salaires, il faudrait leur apprendre que ces « trop riches » ne rapportent rien à la société, et que c’est même le contraire[3]. Quand 1 euro du salaire d’un agent de nettoyage hospitalier produit plus de 10 euros de valeur sociale, pour le même euro gagné par un publicitaire, ce sont 11,50 euros qui sont détruits. Et pour un conseiller fiscal, le rendement monétaire atteint les – 47 ! Bon voyage ! Pourquoi un RMA est-il souhaitable ? Du point de vue de l’objectif, il n’est pas très difficile d’articuler RI et RMA car il ne s’agit là que d’un choix politique. Le RI ne vise pas seulement à lutter contre la pauvreté ou contre le chômage, voire à « vaincre la pauvreté en maximisant l’emploi » mais il souhaite « abolir le culte du travail ». Le RMA peut-il partager le même objectif ? Il n’est pas évident de voir en quoi l’instauration d’un RMA favoriserait directement un tel objectif de désincitation au travail : on peut quand même espérer que le plafonnement des revenus libérerait les plus avides de l’obligation de se sentir incités à travailler toujours plus pour gagner toujours plus. C’est là que les plus ardents défenseurs du « Travail » pourraient répliquer que le travail possède en soi une valeur, indépendamment du revenu qu’il peut procurer. Il n’y a donc peut-être pas d’effet direct à attendre du RMA sur cet objectif. Mais que l’effet ne soit pas direct, ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’effet du tout ; c’est là qu’il est possible d’envisager un objectif commun au RI et au RMA : les deux sont des chemins vers d’autres mondes possibles, chemin faisant. Toutes les propositions programmatiques évoquées précédemment s’orientent ainsi vers une même ligne d’horizon : (re-)faire société. C’est dans le cadre d’un tel objectif commun que peut apparaître une première articulation entre RI et RMA : quand le RI déconnecte le revenu et le travail, il rompt avec la tradition smithienne du Travail comme source de la richesse, et du coup, le plafonnement du revenu laisse une place pour d’autres (sources de) richesses. Ce qui est valable pour les richesses doit pouvoir être vérifié pour la reconnaissance : ce qui doit être reconnu et valorisé socialement, c’est la participation de chacun à la communauté. Si la fin justifiait les moyens alors la définition de l’objectif ferait l’économie de la recherche d’un « fondement ». Mais si l’on refuse un tel « utilitarisme », alors il faut savoir distinguer entre ce qui est juste (défini et construit rationnellement par le fondement) et ce qui est souhaitable (désiré et défini par la mise au clair d’un objectif). Pourquoi est-il juste de souhaiter (re-)faire société en encadrant les revenus entre le plancher du RI et le plafond du RMA ? Avant de répondre explicitement à cette question du fondement, il n’est pas inutile d’en dégager un enjeu politique. Quand nous constatons à quel point la proposition d’un RI se retrouve sur tout l’échiquier politique[4], que pouvons-nous en penser ? Le RI est-il une idée suffisamment forte pour transcender les clivages politiques ou bien est-il au contraire une idée assez faible pour supporter d’être récupérée par des formations politiques qui ne partagent rien ? Pour le dire autrement, à droite comme à gauche, l’objectif de « (re-)faire société » doit pouvoir faire consensus ; mais de quelle « société » s’agit-il ? C’est là que la réponse à la « question du fondement » repose sur une définition de la « société ». C’est pour cette raison politique que nous écartons deux « fondements » souvent proposés pour légitimer le RI : le droit au travail et l’efficacité économique. Dans les deux cas, le RI n’apparaît finalement que comme une proposition « conjoncturelle » : ces deux justifications reposent sur des situations de fait, le chômage et l’inefficacité économique ; ce qui reviendrait, en cas de plein-emploi et d’efficacité économique retrouvés, à ne plus défendre l’instauration d’un RI. Nous écartons aussi la justification « libérale » du RI comme outil d’une politique de redistribution fiscale et sociale ; dans son dernier ouvrage[5], Pierre Rosanvallon adresse à celle-ci une critique forte : les politiques de justice redistributive, dont la forme dominante est l’égalité des chances, se fondent sur une théorie de la justice comme « théorie des inégalités légitimes ». On voit bien comment une proposition de RI pourrait alors se fondre dans une politique générale d’égalités des chances en vue de participer à une société essentiellement conçue comme un marché de concurrence entre ses membres. Il ne semble donc pas que le principe de la redistribution, qui pourrait fonder le RI, puisse aussi fonder le RMA. Car le RMA pose la question du plafond alors qu’un principe de redistribution peut juste contribuer à une réduction des inégalités, ce qui n’est pas la même chose. Une fois un revenu décent garanti, une fois établi un principe de différence justifiant des « inégalités sociales et économiques » en se contentant a/ d’une juste égalité des chances et b/ de devoir « procurer le plus grand bénéfice aux membres les plus désavantagés de la société »[6], il n’y a plus de quoi justifier un plafonnement des revenus. Cette absence de « justifiabilité » révèle un véritable défi que doit affronter une défense du RMA : au nom de quoi, le minimum réel et décent étant assuré, faudrait-il empêcher ceux qui obtiennent plus que les autres de profiter de leurs revenus inégaux ? Dit autrement, comment donc définir la société pour que RI et RMA soient des revendications non seulement souhaitables mais aussi justes ? En quoi est-il légitime de souhaiter construire une société socialement juste, écologiquement responsable, humainement décente et politiquement démocratique ? Si nous refusons une définition de la société comme ensemble composé d’individus juxtaposés qui ignorent qu’ils vivent en société[7], c’est pour proposer que la société soit définie, comme un « espace des communs », espace défini par un plancher et un plafond. Par exemple, s’il s’agit de tolérance : un « espace de tolérance » qui commence après le plancher de l’acceptable mais qui ne franchit pas le plafond de l’intolérable. Pour l’espace des revenus : c’est au-delà du maximin du RI et en-deçà du minimax du RMA que des discussions pourront avoir lieu pour d’abord se demander quel écart il faudrait défendre entre le montant du RI et celui du RMA ; puis toutes les autres perspectives politiques : gratuités, fiscalité, héritage, biens communs... Par la garantie d’une liberté personnelle, par la reconnaissance de la participation de tous à la production des richesses (égalité ?), par un droit aux expérimentations sociales et écologiques minoritaires qui créent localement des contextes favorables à toutes ces « valeurs communes » qui permettront de (re-)faire société (solidarité ?), serait ainsi (re-)faite une société qui assume d’être aussi une communauté du vivre ensemble, du buen vivir ensemble, une société comme « bien commun »[8] qu’il s’agit de construire, protéger, conserver, transmettre.
Tout cela serait souhaitable et juste, mais est-ce faisable ? Peut-on politiquement espérer que la double revendication du RI et du RMA puisse un jour devenir réalité par la « voie royale » ? Il semble plus raisonnable de compter sur des avancées par les « portes arrières. En effet, comment espérer rendre audible[9] le moindre appel à la sobriété, au « bien-vivre », au vivre en commun, tant que les inégalités sociales fourniront directement le contexte social et économique de situations[10] dans lesquelles sont préférés et favorisés l’envie, la rivalité, l’individualisme, l’affrontement, le chacun-pour-soi, le laisser-faire, le mépris plutôt que la bienveillance, la coopération, la solidarité, la discussion, le partage, la démocratie générale, la décence ? Comment espérer que le RI devienne une revendication mobilisatrice, et pas seulement motivante, tant que les inégalités seront telles que les conditions psychologiques ne plaideront qu’en faveur d’une situation immobilisée quant à la « question sociale » ? Peut-on même parier que le RMA, puisse créer les conditions psychologiques favorables à l’instauration d’un RI ?
Il semble donc enthousiasmant de lier ces « belles revendications », du RI et du RMA : ce sont les conditions nécessaires d’une décroissance des inégalités, au cœur d’une société redevenue « commune », d’une société définie comme « bien commun », comme « espace écologique des communs », encadré par les revenus inconditionnel et maximum. Quand bien même un plancher décent serait garanti par un RI, si dans le même temps est accepté que les revenus puissent crever le plafond d’un RMA, alors la société ne sera qu’une collection d’individualistes : mais difficilement un « bien collectif ».
Michel Lepesant, militant-chercheur (du Mouvement des Objecteurs de Croissance, le MOC). [1]Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous, Editions Utopia (2010) ; Ne pas perdre sa vie à la gagner, Editions du Croquant (2010). [3]Eilis Lawlor, Helen Kersley et Susan Steed, « A bit rich. Calculating the real value to society of different professions », New Economic Foundation, Londres, 2009 ; www.neweconomics.org. [4]D’Utopia, mouvement qui traverse le PS, EELG, le PG à Christine Boutin en passant par Dominique de Villepin, les variantes politiques du RI sont nombreuses. [5]Pierre Rosanvallon, La Société des égaux, Seuil, Paris (2011). [6]John Rawls, Libéralisme politique, PUF Quadrige, Paris (2001), p.347. [7]« L’individu contemporain aurait en propre d’être le premier individu à vivre en ignorant qu’il vit en société », Marcel Gauchet, La démocratie contre elle-même, Tel, Paris (2002), p.254. [8]François Flahaut, Où est passé le bien commun, Mille et une nuits (2011). [10] « Qu’est-ce qui favorise dans nos sociétés libérales, les progrès de l’égoïsme ou du désir de "réussir" au détriment de ses semblables ? C’est bien tout le contexte mis en place par la civilisation juridico-marchande », Jean-Claude Michéa, La double pensée, Champs essais (2008), p.25. 
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Revenu Maximum Autorisé 1
Source : Alternatives Economiques Le facteur 12. Pourquoi il faut plafonner les revenus, par Gaël Giraud et Cécile Renouard Carnets Nord-Montparnasse éditions, 2012, 246 p., 18 euros
 Critique de Denis Clerc "Le sous-titre éclaire le titre un peu énigmatique. L'ambition des deux auteurs est de montrer que réduire fortement les écarts de revenus, aujourd'hui abyssaux, de sorte qu'ils ne dépassent pas une fourchette allant de 1 à 12 est non seulement souhaitable mais surtout possible. Pour cela, il faut relever sensiblement les revenus du bas et amputer largement ceux du haut. Le lecteur est intrigué et sceptique : comment est-ce possible dans une économie mondialisée, où les capitaux peuvent circuler à la vitesse de la lumière et où l'argent joue un rôle de marqueur social ? Sans être totalement convaincant, ce livre prouve pourtant qu'il y a beaucoup à faire dans cette direction. L'argumentaire mobilisé n'est pas juste éthique, il est aussi économique, et c'est là une grande part de l'intérêt du livre. Croyance
Premier élément : le marché fonctionne sur un modèle psychologique bien connu des marchés financiers, qui veut qu'une croyance anticipée engendre un résultat conforme à cette croyance. La décision de certains d'acheter davantage un produit donné entraîne une hausse des prix, qui pousse les autres à acheter davantage, soit par précaution (avant que cela n'augmente), soit par mimétisme (effet de mode). Le marché a donc impérativement besoin d'une régulation, car les prix (les salaires notamment) qui s'y forment sont souvent loin de refléter les tensions entre offre et demande. Curieusement, les auteurs ne mobilisent pas, dans ce cadre, la notion de salaire d'efficience, selon laquelle loin d'être le reflet de la productivité du travail, le niveau des salaires détermine cette productivité.
Deuxième élément : c'est de plus en plus la demande intérieure qui, à l'avenir, tirera l'activité, y compris dans les pays émergents. Or, nos sociétés fonctionnent sur un modèle déflationniste : " La baisse des salaires [y] assèche la demande solvable. " D'où l'importance de regonfler cette dernière, notamment en relevant les salaires du bas de l'échelle, mais aussi en luttant contre les rentes de situation (les hauts revenus) " qui capturent et stérilisent l'épargne ". Relocaliser
Troisième élément : les dettes publiques actuelles ne pourront jamais être intégralement remboursées, sauf plongée déflationniste suicidaire, car nos sociétés doivent l'essentiel de leur croissance passée à l'utilisation sans cesse accrue d'une énergie dont le prix, augmentant fortement, va ralentir, voire annuler, la croissance potentielle à venir. Dans ce contexte, les rémunérations élevées des uns, tout comme les rendements mirobolants promis par les marchés financiers, sont des formes déguisées de prédation. La conclusion s'impose : réduire fortement les inégalités de revenus, investir massivement dans l'indispensable transition énergétique, favoriser la relocalisation, fût-ce par " un protectionnisme européen raisonné (social et écologique).
Dans ce raisonnement résumé à gros traits, deux points posent problème. Pourquoi attribuer l'essentiel des gains de productivité à l'usage accru d'énergie (selon les thèses contestables de Jean-Marc Jancovici), alors que d'autres les attribuent par exemple au capital humain ? Et, si les auteurs font fréquemment référence à Jean Gadrey, il n'est pas sûr que ce dernier apprécie le plaidoyer en faveur d'une croissance verte. Mais c'est le propre des livres importants que d'ouvrir des discussions passionnées."
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Plaidoyer pour l'Allocation Universelle, solution inexplorée Jean-Marie Ghiot
Source : jmg01.wikeo.eu
La question de l'emploi et de la politique sociale est-elle considérée sous tous ses aspects ?. A-t-on envisagé d'autres stratégies que les solutions traditionnelles. Avons-nous des idées portables au niveau européen ? Convaincu par les arguments des défenseurs de l'Allocation Universelle, j'ai collationné quelques idées de base à propos de ce concept
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L'économie du bonheur, une décroissance séduisante
Source : Slate.fr
Préférez-vous l'économie du bonheur, ou celle de la décroissance? Et pourtant: entre la décroissance française et l'économie du bonheur à la mode anglo-saxonne, les différences sont au fond bien ténues. [...] Cette floraison d'initiatives et de recherches est en tous cas bienvenue: écologistes, indignés, ou laissés pour compte de la «croissance» ont besoin d'alternatives constructives et non de simples critiques.
D'où la nécessité de garder le mot-obus, qui a un sens plein, clair et net, ET non récupérable par la machine à laver capitaliste...
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Regarde le capitalisme tomber à l'ère de la production Open Source
Source : FramaBlog
« Le logiciel libre, l’innovation partagée et la production collaborative menacent le capitalisme tel que nous le connaissons. » C’est ainsi que Michel Bauwens résume son propos dans les colonnes du site d’Aljazeera. Le menace vient du fait qu’à l’aide d’Internet nous créons beaucoup plus de valeur d’usage (qui répond à nos besoins) que de valeur d’échange (qui se monétise facilement[1]).
[...] "Nous nous trouvons dans la seconde phase de l’économie du savoir, au cours de laquelle les réseaux sont en train d’être étendus à toute la société, et qui permet à tout un chacun de s’engager dans une production collaborative. Ce qui crée de nouveaux problèmes et engendre de nouveaux défis. Ajoutons à cela la stagnation des revenus, la diminution de la masse du travail salarié que cette production collaborative de valeur entraîne, et il évident que tout ceci ne peut être résolu dans le paradigme actuel. Y a-t-il dès lors une solution ? Il y en a une mais elle sera pour le prochain cycle : elle implique, en effet, une adaptation de l’économie à la production collaborative, ouvrant par là-même les portes à un dépassement du capitalisme."
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Méritants et ruissellement
Source : blog Monolecte via Félicie
Un article qui reprend clairement une idée qui m'énerve assez aussi : le ruissellement par le haut.
"Le préalable, c'est cette étrange évidence qui voudrait que la richesse soit créée ex nihilo par les riches. Ben oui, si les riches sont riches, c'est parce que leur existence même produit de l'argent. Sinon, ils ne seraient pas riches, n'est-ce pas ? Et donc, pour que tout le monde ait sa part de prospérité, il convient de ne pas tarir la source naturelle de l'argent : à savoir, ne pas faire chier le riche avec toutes ces contrariétés que sont les impôts, les taxes, les contributions, les contrôles, qui ne sont que des obstacles qui découragent le riche de pondre son œuf en or tous les matins et le poussent à partir sous des cieux plus cléments, dans un biotope plus favorable à la multiplication miraculeuse des biftons."
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Le plan de bataille des financiers
Source : Là Bas si j'y suis
Un scandale ! Mais pas une surprise...
Le plan de bataille des financiers from mutins on Vimeo.
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Le « vrai » travail ? par Gérard FILOCHE
Source : Filoche
Le « vrai » travail ?
Le “vrai” travail ? celui des 650 accidents mortels, des 4500 mutilés du travail ? Celui des droits violés et des heures supp' impayées ? Le « vrai travail » ? Celui des maladies professionnelles, amiante, TMS, surdité, cancers, qui augmentent, sont sous-déclarées, sous réparées. Le “vrai” travail ? 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires par an dont entre 1/3 et 50 % liés au travail... Le “vrai” travail ? Ce jeune ascensoriste de 26 ans écrasé par l'engin qu'il réparait, à cause de la compétition sauvage entre OTIS et KONE Le “vrai” travail ? Et les milliers d’ouvriers désamianteurs qu'il laisse en ce moment mourir sans protection par refus d'un moratoire ? Le “vrai” travail ? Celui des mini-jobs, des stages, des emplois saisonniers atypiques, des 3 X 8, des 4 X 8, des intérims et CDD répétés ? Le "vrai" travail ? Celui des millions de travailleurs pauvres qui n'arrivent pas à vivre avec leurs salaires ? Le "vrai" travail ? Celui du milliard d'heures supplémentaires non déclarées, non majorées, non payées attribuées à ceux qui ont un boulot au détriment de ceux qui n'en ont pas ? Le « vrai » travail ? Celui des femmes qui gagnent 27 % de moins que les hommes ? Le « vrai » travail ? Celui des jeunes à 25 % au chômage et à 80 % en CDD ? Le « vrai » travail ? Celui des immigrés, forcés à bosser sans droits et sans papiers par des esclavagistes et marchands de sommeil franchouillards ? Le « vrai » travail ? Celui des seniors licenciés, 2 sur 3 a partir de 55 ans et qui ne peuvent cotiser que 35 annuités alors que 42 sont exigés dorénavant pour une retraite décente ? Le "vrai travail" ? Celui des restaurateurs dont 1 sur 4 utilisent des clandestins, non déclarés dans le fond de leur cuisine ? Le “vrai” travail ? Celui des exploitants agricoles qui tuent des inspecteurs du travail pour pouvoir abuser d'immigrés clandestins ? Le “vrai” travail ? Celui des beaufs de la CG-PME, des cadres casques oranges de chez Bouygues, des marchands de manœuvre appelés « viande » ? Le “vrai” travail ? "La vie, la santé, l'amour sont précaires pourquoi le travail ne le serait-il pas?" (Parisot/Sarkozy) Le “vrai” travail contre le droit du travail ? Le pauvre exploité qui sue et se tait, la dinde qui vote pour Noël ! Le “vrai” travail "sans statut" ? "La liberté de penser s'arrête là où commence le Code du travail" selon Mme Parisot et... M Sarkozy ` Le “vrai” travail sans syndicat ? Sans syndicat pas de Smic, pas de durée légale, pas de congés payés, pas de sécurité sociale, pas de droit Le “vrai” travail ? Celui qui ne fait jamais grève, qu'on ne voit jamais manifester, qui n'est pas syndiqué, qui piétine son collègue ? Le « vrai » travail ? Celui sans délégué du personnel, sans comité d’entreprise, sans CHSCT, sans institution représentative du personnel ? Le “vrai” travail ? à France Télécoms, des dizaines de suicides, faute inexcusable du patron de combat qui licencie, stresse, vole, tue Le “vrai” travail ? Parlons en ! Stress, risques psychosociaux, harcèlement, suicides, chantage à l'emploi, heures supp' impayées ? Le “vrai” travail ? Les travaux les plus durs sont les plus mal payés, bâtiment, restauration, nettoyage, transports, entretien, industries Le “vrai” travail ? Qu'est ce qu'il y connaît ? Dans le bâtiment, 1,1 million bossent surexploités, maltraités, mal payés, accidentés, meurent sans retraite Le « vrai » travail ? Celui des 900 000 foutus dehors par « rupture conventionnelle » de gré à gré sans motif et sans mesure sociale ? Le « vrai » travail ? Celui des auto-entrepreneurs, un million en théorie, la moitié en réalité, qui se font exploiter comme faux salariés, à bas prix et sans protection sociale ? Le “vrai” travail ? celui qui bosse dur pour survivre misérablement ou celui qui exploite dur les autres pour vivre dans des palais dorés ? Le “vrai” travail ? celui des actionnaires, des rentiers, des riches, des banksters du Fouquet's qui gagnent 600 SMIC par an en dormant ? Le « vrai » travail, celui de Maurice Levy patron qui se ramasse 16 millions d’euros d’argent de stocks option de poche pillés sur les richesses produites par les salariés. Le « vrai » travail ? celui de Molex, de Sea France, de Gandrange et Florange, de Continental, de Lejaby, de Pétroplus, des Fonderies du Poitou, de toutes celles et ceux qui ont du se battre pour le garder ? Le “vrai” travail ? Qu'est ce qu'il y connaît ce cul doré de Sarkozy ? N'a jamais passé la serpillière dans une cantine ni poussé un chariot.
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Le philosophe Giorgio Agamben : "La pensée, c'est le courage du désespoir"
Source : Télérama
Le capitalisme ? Une religion. L'homme ? Un animal désoeuvré. La loi ? Trop présente. Le philosophe italien analyse avec sagacité notre société et ses dérives "biopolitiques". Extraits

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Au coeur de la monnaie
Source : France Culture - Terre à Terre - Ruth Stégassy
Un peu brouillon dans les propositions concrètes mais très intéressant recul historique. Interview de Bernard Lietaer, économiste et universitaire belge, et auteur notamment de « Au cœur de la monnaie » (Yves Michel, 2011)
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Les Monnaies locales complémentaires : Pourquoi, comment ? - Philippe DERRUDER
Source : Philippe Derruder Les Monnaies locales complémentaires : Pourquoi, comment ? A paraître le 27 avril 2012
Imaginez-vous possible que de simples citoyens puissent décider d'émettre et de gérer eux-mêmes une monnaie pour permettre les échanges et la valorisation de ce qu'ils souhaitent sur leur territoire ? Eh bien oui, c'est possible et c'est ce qui est en train de se développer tout autour de la planète par milliers de cas. Entendons-nous ! Elles ne visent pas à remplacer les monnaies nationales mais à les compléter pour redonner l'humanité et le sens que les monnaies conventionnelles ont perdus. Nouvelle mode pour bobo branché ? Parade à la crise ? Monopoly éthique ? Détrompez-vous... Les monnaies complémentaires ont accompagné l'histoire de l'humanité et, si effectivement elles peuvent permettre de traverser la crise moins douloureusement, c'est l'élan d'une incroyable transformation de la pensée humaine et de la société qu'il faut y voir.
Après un éclairage sur les raisons profondes qui inspirent cet élan, Philippe Derudder nous raconte les histoires des expériences pionnières au siècle dernier, puis quelques unes de celles qui fleurissent ici ou là aujourd'hui et termine sur un guide pratique pour aider le lecteur dans la mise en place d’une MLC, guide qui a déjà facilité la démarche à plusieurs expériences en cours. Alors à vous de jouer dans cette belle aventure !
Ancien chef d’entreprise de taille internationale, Philippe Derudder décide un jour de démissionner de ses fonctions, poussé par le refus de continuer à apporter sa contribution à un système auquel il ne croit plus. Il se consacre depuis à la recherche de solutions économiques et monétaires alternatives, pour lutter contre cette logique de misère dans l’abondance. Il est consultant, il anime des séminaires et conférences sur l’économie alternative et la conscience d'Abondance.
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Le plan de bataille des financiers
Source : diverses, ouf !
Le plan de bataille des financiers from mutins on Vimeo.
Antidote :
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Empreinte EGO-logique
Pour la décroissance de l'empreinte EGO-logique...
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Les avantages d'un revenu de base inconditionnel
Source : Blog Martouf

Si l'on ne change pas on est obligé de persévérer dans l'aberration, de continuer à tout miser sur la croissance économique pour produire toujours plus avec toujours moins, de produire de la surproduction. Puis l'on est obligé de pousser à la consommation de cette surproduction par une manipulation mentale publicitaire toujours plus pernicieuse.D'un point de vue écologique, je doute que notre planète supporte encore longtemps notre habitude de transformer des ressources naturelles en déchets le plus vite possible. (La planète survivra, la vie... un peu moins !) - Le revenu de base inconditionnel résout de nombreux problèmes que l'on a de la peine à résoudre avec notre système actuel. En bref, il permet de financer :
- la création artistique en étant une alternative au système du droit d'auteur qui est mis à mal dans notre société de l'information. - des biens communs. Ex: logiciels libres (les fondements d'Internet), l'encyclopédie wikipedia, la carte citoyenne openstreet map, l - les soins aux personnes âgées qui sont souvent assumés actuellement par des bénévoles. Dans notre société vieillissante nous auront de plus en plus besoin d'assisster nos aînés. Nous pouvons le faire, sans faire exploser les coûts de la santé. - l'éducation des enfants en restant avec eux à la maison plutôt qu'en les laissant se faire éduquer par la TV. (L'égalité entre homme et femme n'aura eu comme effet que d'avoir besoin de 2 salaires pour vivre au lieu d'un seul !) - les régions périphériques. L'argent et les emplois ne sont plus centralisés dans les grands centres urbains. C'est un bon moyen de lancer des mini-entreprises sans prendre de risques. - toute activité qui est maintenant bénévole car il n'existe actuellement aucun moyen pour la financer. - Qu'est ce qui est le plus utopique ?
Un revenu de base inconditionnel ? Un système économique basé sur une croissance infinie dans un monde fini ? Lire l'article
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Bernard Stiegler: La Télécratie et la Captation du désir
Source : Film "Après la gauche"
Qu'est-ce qu'être de gauche aujourd'hui? "Après la gauche" tente de répondre à cette question unique et essentielle en interrogeant de grandes figures de la pensée contemporaine. Ceux-ci procèdent à un diagnostic sans complaisance de la gauche aujourd'hui, soulignent les avancées et les espoirs que suscitent les luttes sociales et réaffirment avec force la nécessité de penser l'utopie. De la disparition de l'URSS à la dernière crise financière, "Après la gauche" est un voyage à travers 20 années qui ont bouleversé la gauche mais surtout, un acte de résistance. + d'infos sur ce film sur MediaPart
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APPEL pour une reprise en main démocratique du système financier
Source : FNH
Aujourd’hui, le système financier oriente l’économie vers la destruction des ressources naturelles.
Les Etats ont perdu la main, et sont contraints de mener des politiques d’austérité, en réduisant les investissements dans la transition écologique (énergies renouvelables, isolation des logements, transports en commun…) Il est indispensable de réguler le système financier pour le mettre au service de l’économie réelle, en créant notamment des emplois dans les secteurs d’avenir.
Face à cette urgence sociale, écologique et économique, nous demandons aux décideurs politiques et économiques de prendre position sur les mesures suivantes qui concernent l’ensemble de notre société.
- Promouvoir le financement de l’économie réelle
- Moraliser la finance en imposant davantage de transparence
- Sortir de la démesure qui existe actuellement en Bourse
- Permettre aux épargnants de contrôler l’utilisation de leur épargne
- Créer un ministère de la Réforme de la finance
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À Otjivero en Namibie, le revenu minimum garanti a 2 ans
Un bon bilan, mais une expérimentation bloquée...
Source : MTM
Deux ans après le lancement du projet pilote sur le revenu minimum garanti dans un petit village du centre de la Namibie, l’heure est au bilan. Chaque mois, les habitants reçoivent € 10, sans conditions contraignantes. « Le bilan est vraiment positif », se réjouit, Herbert Jauch, responsable du programme et représentant de la coalition BIG (revenu de base). La Namibie fait partie des pays où la disparité de revenu est la plus forte.
Dès 2002, la Commission d’orientation nationale proposait le versement d’un revenu minimum garanti. Le gouvernement ne s’étant pas décidé à se lancer dans le projet, les Églises et les syndicats ont pris les choses en main. Le choix du village s’est porté sur Otjivero, car aucun changement n’était attendu ou prévu (programme de création d’emploi, rentrées financières). Seul l’apport de 100 dollars namibiens par mois et par habitant allait peut-être changer la donne.
Le pari consistait aussi à contrer des préjugés, en donnant de l’argent à des pauvres sans contrepartie. « Nous avons pu observer une chose surprenante. Une femme s’est mise à confectionner des petits pains ; une autre achète désormais du tissu et coud des vêtements ; un homme fabrique des briques. On a vu tout d’un coup toute une série d’activités économiques apparaître dans ce petit village. Cela montre clairement que le revenu minimum ne rend pas paresseux mais ouvre des perspectives », écrit Herbert Jauch dans le journal allemand Franckfurter Rundschau. Ainsi, dans le village, le nombre de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté est passé de 76 % à 37 %. « Le RMG permet aux régions rurales de se développer », conclut Herbert Jauch. Reste à convaincre le gouvernement namibien.
Source : BIEN
Communiqué de presse de la coalition pour le revenu de base, 1 mars 2012
Pendant plusieurs années, les différentes organisations qui ont formé la collation pour le revenu de base ont demandé au gouvernement namibien d’instaurer un RB (BIG) national. Ces discussions ont commencé dès 2004 et ce n’est qu’à la suite des incertitudes du gouvernement quand à l’efficacité de la mesure proposée que la coalition BIG a décidé de réaliser le projet pilote à Otjivero pour démontrer ses effets dans la pratique. En 2008, le BIG est mis en œuvre, tandis qu’en des études d’impact sont faites en 2008 et en 2009. Ces études montrent qu’un revenu de base très modeste de 100 $ namibiens par personne et par mois a un impact positif. La baisse spectaculaire de la malnutrition des enfants, l’amélioration de la fréquentation des écoles et de la performance scolaire, le recul du taux de criminalité et l’essor nouveau d’activités économiques n’en sont que les signes les plus évidents. Plus important encore, ce revenu de base a également contribué à ce que la population retrouve dignité et confiance en soi. Les quelques 1000 personnes vivant à Otjivero, qui ont reçu ce RB, sont un témoignage vivant d‘une réelle possibilité de faire face à la pauvreté.
En dépit de ces résultats positifs, le gouvernement namibien ne s’est toujours pas engagé pour l’instauration d’un RB en Namibie. Au contraire, les dirigeants du gouvernement ont exprimé des craintes que le RB rendrait la population paresseuse et dépendante de l’aumône. De tels points de vue sont davantage basés sur des préjugés que sur les preuves ressortant de l’expérience d’Otjivero ! Il faut souligner que la coalition BIG a proposé à nombre de Namibiens, y compris des membres du parlement, de visiter Otjivero et d’y observer directement l’évolution de la situation. Cependant, ils ont préféré exprimer leur avis en privé au lieu de soutenir publiquement la proposition d’un RB national.
Il est sans doute nécessaire de rappeler au gouvernement namibien la pauvreté dont souffrent encore beaucoup trop de nos concitoyens. Depuis l’indépendance, la Namibie a instauré différentes prestations sociales, parmi lesquelles les pensions de retraite, des subventions pour les vétérans, des allocations pour orphelins, enfants fragilisés, etc. Ces prestations ont contribué à soulager certains Namibiens, mais beaucoup trop d’entre eux sont restés désespérément pauvres en raison du chômage rampant qui frappe aujourd’hui plus de la moitié de notre population. Il y a quelques mois, les médias ont montré des images choquantes de personnes cherchant de la nourriture dans des dépotoirs. Cela nous ramène à la dure réalité qui marque la vie de nombreux Namibiens : L’opulence et le désespoir coexistent côte à côte et bien peu de chose est entrepris pour éradiquer la pauvreté.
Le revenu de base (BIG) n’est certainement pas la seule mesure à prendre, mais il s’agit d’un point de départ important. Lors de nombreuses discussions avec le gouvernement et des organisations de la société civile dans le pays, la coalition s’est toujours dite prête à supporter des mesures meilleures et plus efficaces pour lutter contre la pauvreté, s’il y en avait. Jusqu’ici pourtant, ceux qui critiquent la coalition BIG n’ont pas été en mesure de présenter une alternative à même de traiter la pauvreté de manière plus complète et rapide que le revenu de base ! La question se pose donc : pourquoi le gouvernement namibien hésite encore à instaurer un BIG, sachant qu’il est finançable, que ses coûts administratifs sont très bas et qu’il touchera immédiatement tous les Namibiens ? Combien de temps allons-nous encore passer à débattre au sujet de la pauvreté au lieu d’agir pour la supprimer ?
Les débats exhaustifs et l’échange des différents points de vue concernant le BIG sont certainement légitimes et constituent aussi un ingrédient nécessaire de toute démocratie. Cependant, après des années de débat à propos du BIG, il n’est plus acceptable de se contenter de lamentations au sujet de la pauvreté alors qu’il est possible de la combattre. L’heure d’agir est venue et nous ne pouvons plus voir des milliers de personnes continuant de souffrir pendant que les politiciens ne parviennent pas à décider ce qui est à faire ! Aussi longtemps que de nombreux Namibiens resteront relégués dans une vie de misère, les fruits de l’indépendance et de la libération seront le privilège d’une minorité. Aussi longtemps que plus de 50% des Namibiens resteront sans emploi et dans la privation, nous ne pourrons annoncer que nous avons atteint nos objectifs. Sommes-nous tout simplement satisfaits par le statu quo ou sommes-nous décidés d’entreprendre des changements plus fondamentaux pour bâtir une société différente, fondée sur l’égalité et la justice sociale ? La réponse à ces questions essentielles déterminera le chemin que prendra notre pays.
Pour des centaines de milliers de Namibiens qui sont toujours piégés dans la pauvreté, les questions de redistribution, de justice sociale et le BIG sont des questions existentielles. Bientôt, ils demanderont des comptes à leurs dirigeants qui aujourd’hui rechignent devant l’instauration du BIG. Un chose est certaine : avec un BIG, personne en Namibie ne serait forcé de fouiller dans les ordures à la recherche de nourriture. C’est pourquoi notre large coalition en appelle une fois de plus au gouvernement namibien pour attaquer la pauvreté de face et introduire un BIG national maintenant !
L’intransigeance du gouvernement concernant le BIG ne perpétue pas seulement la pauvreté en Namibie, mais met aussi en danger la communauté d’Otjivero. Après avoir récolté des fonds pour le projet pilote (2008-2009), la coalition pour le BIG a encore réussi à assurer une allocation de transition pour les années 2010 et 2011. Cependant, nos ressources sont aujourd’hui épuisées tandis que les habitants d’Otjivero font face à la perspective de retomber dans les pires formes de pauvreté qu’ils ont connues avant l’instauration du BIG. C’est pourquoi, au nom de la solidarité humaine et de l’idée du revenu de base (BIG), nous en appelons à l’aide nationale et internationale en faveur de la population d’Otjivero. Nous voulons en premier lieu atteindre nous compatriotes ici, en Namibie : nous vous demandons de soutenir publiquement l’idée d’un BIG national et de faire un don en faveur des survivants d’Otjivero. Le temps est venu de prendre position et de se compter. Nous avons besoin de votre soutien maintenant !
Merci !
Evêque Dr Z. Kameeta, Président de la Coalition BIG
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Non !
Vote blanc ? Démocratie directe ? Sécession ?
Un deuxième sourire, un peu dans la même veine : résiste !
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Les décroissants, c’est qui ?
Source : decroissance-elections.fr

Devant les crises écologiques, sociales, économiques, démocratiques et fondamentalement anthropologiques, les décroissants ne croient pas que la croissance soit une solution : la croissance est le problème.
Nous ne voulons pas d’un « monde de la croissance ». Nous rêvons au contraire d’un monde libéré du mythe de la croissance, nous rêvons d’un « monde d’a-croissance » (suivant l’expression de Serge Latouche). Nous aurons donc besoin d’une transition pour passer d’un monde à un autre, pour nous « désaccoutumer à la croissance » : si cette transition est volontaire et démocratiquement choisie, elle est la « décroissance ».
La première des décroissances est celle des inégalités entre les enrichis du « Nord global » et les appauvris du « Sud global ». Nous savons aussi que le modèle de toute domination est la domination patriarcale. C’est pourquoi notre décroissance est de gauche ; si « être de gauche », c’est percevoir le monde du point de vue des dominés, des exploités, des humiliés, alors les décroissants sont naturellement de gauche.
Notre décroissance est même « socialiste » au sens où André Gorz disait que le socialisme comme critique du capitalisme ne disparaîtra qu’avec l’objet de sa critique. Mais notre socialisme hérite plutôt du socialisme utopique, celui des expérimentations sociales minoritaires. Pour nous, une utopie n’est pas un « but » inaccessible mais un « dé-but », le début de la Transition écologique et sociale, sans attendre.
Notre gauche est anti-productiviste car une croissance infinie dans un monde fini est une mystification économique et écologique : nous savons très bien que, dans le monde de la croissance, le chômage n’est pas un problème, il est juste une solution. Ainsi, le travail n’est pas non plus pour nous une solution (au chômage). C’est pourquoi nous adhérons au slogan : « Abolir le Travail, garantir le revenu ». Nous sommes anti-capitalistes parce que nous sommes anti-productivistes : une centrale nucléaire même autogérée démocratiquement, c’est encore une centrale nucléaire !
Comme nous savons 1/ qu’il n’y a pas de production sans consommation et 2/ que la décroissance ne pourra être choisie et soutenable que si c’est la baisse de la consommation qui provoque la baisse de la production, alors nous sommes aussi des anti-consuméristes : la société de consommation est absurde, une croissance infinie dans un monde fini est absurde. Une société de dé-consommation s’inscrit dans une démarche d’empreinte écologique soutenable.
Nous savons que de nombreux objecteurs de croissance, notamment ceux qui se revendiquent de la « simplicité volontaire », refusent de participer au spectacle des élections. Nous n’ignorons pas ce « spectacle » mais nous pensons que les élections sont aussi un des moments politiques où nous devons porter, avec d’autres, un projet politique avec des propositions cohérentes qui dessinent une société écologiquement responsable, socialement juste, humainement décente, démocratiquement organisée.
Nous sommes cependant « sans illusion » sur la prise préalable du pouvoir comme condition pour changer le monde et c’est pourquoi nous sommes surtout présents dans ce que nous appelons les « alternatives » et les « utopies concrètes » (amap, monnaie locale, habitat groupé, coopérative…).
C’est en ce sens que nous cherchons à construire un « front écologique et social des luttes » dans lequel les « luttes contre » (des formes classiques de la résistance à la désobéissance) convergent avec les « luttes pour » et les « luttes avec ».
Si la démocratie repose sur la capacité partagée par tous d’être gouvernés et de gouverner, alors nous ne voulons pas abandonner la politique aux professionnels de la politique spectacle : c’est le sens de notre présence à ces élections.
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Constituer la politique en bien commun
Source : Editions La Brochure
Constituer la politique en bien commun Pour une démarche d'éducation citoyenne, à l'attention de tous ceux qui s'intéressent à ce qui les entoure et au delà Il n'est plus possible de renvoyer à plus tard, et ce quelque soit l'importance et l'accentuation des inégalités sociales, la volonté de « faire la politique » autrement. Cela se réalisera en se centrant sur les initiatives citoyennes de toute sorte qui s'affirment dans l'espace public. Dans ces conditions, l'expérience politique pourrait retrouver ses lettres de noblesse et la recherche en elle d'une véritable dimension d'existence rencontrer l'objectif de transformation sociale. Où sont les obstacles à cette visée ? il s'agit d'identifier et de dépasser tout ce qui, hors de nous mais aussi en nous-mêmes, nous éloigne de la politique et en particulier tout ce qui déconsidère la profonde continuité qui existe entre le social, le civique et le politique ; mais il s'agit aussi de s'appuyer, en précisant ses traits principaux, sur la puissance d'agir citoyenne s'affirmant à tous ces niveaux et de l'articuler au pouvoir politique proprement dit. En conséquence, le pari est pris de l'importance de la pluralité, non seulement comme garantie d'équilibre, mais aussi de ce qui peut, grâce à elle, nous délivrer des effets aliénants d'une course incessante et monolithique vers le pouvoir.
On voit qu'il s'agit d'un livre qui essaie de se placer à la charnière de la philosophie et de l'action pratique, d'instaurer une étape réflexive dans les lieux, moments et instances où les citoyens, amenés à enrichir et repenser ce que peut être leur engagement, pourront enfin se réapproprier la politique.
L'auteur : François Schalchli – militant associatif, adhérent à Attac ; ancien professeur de philosophie
Table des matières Introduction Premier parcours : s'approprier la politique, mais comment ? A) La politique 'ça ne va pas de soi" 1) La politique telle qu'elle est … et sa critique a) le modèle aujourd'hui dominant réduit la politique à peu de chose b) le sentiment d'être exclu de la vie politique c) sommes nous dans une « illusion politique » plus fondamentale ? 2) D'autres formes de découragement devant la politique a) la « consommation » politique b) le cynisme (au sens immédiat du terme) c) le repli sur la seule transformation personnelle 3) En et s'en sortir a) un exemple a contrario : Les Motivés b) l'espace public : un moteur tout différent c) s'agit-il d'exigences à la mesure et à la portée de chaque citoyen ? 4) L'obstacle théorique : des systèmes de pensée qui détournent de la politique a) le libéralisme … et consorts b) un certain marxisme c) la pensée post-moderne d) l'histoire, dont le cours est jugé « toujours déterminant » 5) Et nous ? : la politique dans l'existence a) mettre notre individualisme en accusation ? b) nous ne sommes pas spontanément politiques (sous trois angles) c) nous pouvons devenir politiques (l'éveil au politique en situation d'exception et par l' articulation des problèmes entre eux) d) la politique comme dimension d'existence B) La politique telle qu'elle devrait être en permanence 1) Richesse de la politique a) une richesse paradoxale : le grand écart entre l'inconditionnalité des principes et la conditionnalité des pratiques b) l'objet global de la politique : quand elle « constitue un monde » 2) Remarques sur une méthodologie d'approche du politique a) les enjeux b) les modèles c) les alternatives (sous forme d'expérimentations) C) Le cœur du politique : des expériences cruciales 1) L'expérience politique du conflit : son indispensable persistance a) questions sur le conflit b) conflit-différences et conflit-luttes c) la définition de la démocratie comme régime des conflits possibles d) le contre-modèle de la gouvernance : quand conflit et pouvoir se dissolvent e) en politique, tout relève t-il pour autant du conflit ? 2) L'expérience politique du débat : étude de trois situations-type dans la vie politique d'aujourd'hui a) première situation : réagir à l'offre de démocratie participative b) deuxième situation : le débat difficile et la disqualification du citoyen c) troisième situation : quand le débat tourne à l'impossible : le mépris 3) L'ultime expérience politique : notre rapport au pouvoir a) y a t-il un dédoublement du pouvoir ? b) l'articulation des deux pouvoirs : « institutionnaliser » ! D) Tout est-il politique ? 1) La dimension politique de toute chose a) 1968 b) aujourd'hui : de nouveaux objets politiques 2) L'activité politique face aux autres activités : englober sans déqualifier a) essai de tableau des activités humaines dans leur rapport à la politique b) les technosciences ne peuvent échapper à la démocratie Conclusion du premier parcours : auto-limitation de la politique
Deuxième parcours : les chemins de la citoyenneté A) Un portrait B) Continuité, mobilité et circularité des engagements 1) Le social, le civique et le politique 2) Le local et le global C) Deux seuils scandent les chemins de la citoyenneté 1) Le devenir-public a) le citoyen « en public » b) la démocratie comme enquête et expérimentation c) favoriser la multiplication des espaces publics 2) Le devenir-institutionnel D) Le pluralisme dans l'engagement 1) Analyse de la notion de pluralité 2) Quelle pluralité dans l'engagement ? : des figures dans le rapport au pouvoir a) éveiller b) accompagner c) produire de l'écart
Conclusion : éducateur et éducation politiques A) Promouvoir l'éducation politique 1) l'éducateur politique a) quelle légitimité ? b) quelle fonction ? 2) l'éducation politique : quel niveau de compétence est requis du citoyen? a ) pour un contrôle citoyen concernant des projets précis b) concernant les choix politiques globaux B) Oser penser différemment
Lexique personnel
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Des bâtons dans les urnes
Source : ?
Des bâtons dans les urnes Festival expérimental d’éducation populaire désobéissante et festive, avec aussi de l’humour si possible… Du 1er au 12 mai 2012 ou jusqu’à la fin du monde capitaliste
C’est quoi ? C’est le plagiat éhonté de « Débattons dans les rues », festival expérimenté d’éducation populaire et politique à Tours. Comme c’est vachement bien et qu’on n’a pas beaucoup d’imagination, on s’est dit qu’on allait faire pareil à Toulouse… En gros, on envahit les rues un peu partout dans la ville sans autorisation préalable pour se réapproprier l’espace public, interpeller les gens, remettre les choses en question, expérimenter de nouvelles formes de débats, faire des actions, se rencontrer, s’amuser, promouvoir une vision de la politique totalement autogérée, ouverte et émancipatrice… à l’exact opposé de la mascarade électorale qui se déroule fortuitement pendant ce temps-là. Il y a un programme et des tas d’imprévus avec plusieurs interventions par jour, dans l’idéal, avec aussi un petit journal quotidien de ce qui s’est passé, se passera ou se pense encore. Et une petite AG quotidienne pour gérer tout ça (la fameuse « cocotte-minute »).
On fait comment ? Tant qu’à copier sur les voisins, vu qu’ils ont déjà eu plein d’idées à Tours, on peut les reprendre, on ne paiera pas les copyrights ! ( http://bit.ly/ProgrammeDDLR2011 ) Nous aussi, on a plein d’idées folles qu’on pourra pas réaliser tout seuls, et plus on en parle, plus on en a. Ceci dit, n’hésitez pas à prendre vos propres initiatives, caler des trucs déjà prévus auparavant ou que vous auriez faits de toute façon. Pour être dans le programme, il suffit de nous dire ce que vous prévoyez de faire et d’essayer de caler ça sur un horaire libre ( http://bit.ly/AgendaDBDLU) et nous, on dit à tout le monde de venir. Nous on a déjà commencé à se réunir le mercredi a 19H au CREA, alors le mieux c’est carrément de venir mettre votre grain de sel ou de sucre.
Tout ça, c’est bien beau mais la rêve-au-lution prolétarienne, alors ? Non mais on a l’air de déconner comme ça, mais c’est vachement sérieux, y’a toute une stratégie de prévue, des suites et tout et tout, avec en particulier une petite surprise à la fin, mais chut, sinon y’a plus de surprise, vu que les flics seront là pour l’empêcher…
Et si j’ai encore d’autres questions ? Le mieux c’est de venir les poser à la prochaine cocotte-minute, le mercredi à 19h au CREA (agenda des autres réunions préparatoires : http://bit.ly/ReunionsDBDLU ).


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